Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 00:01

Depuis près de quinze ans, les studios Pixar nous ont emmené dans des voyages au delà de l’imagination : le grand bleu avec Le Monde de Nemo, dans les rêves gastronomiques d’un rat gourmet avec Ratatouille, aux confins de l’univers avec WALL-E… Et à chaque fois l’émerveillement fut au rendez-vous, mettant le public et la critique d’accord. Cette fois, Pete Docter, le réalisateur de Monstres & Cie nous fait prendre l’air, Là-Haut. Carl Fredericksen est un vieil homme qui mène une vie bien morne depuis la mort de sa femme. Lorsqu’un jour il risque l’expulsion et la maison de retraite, il décide de réaliser le rêve que lui et sa bien aimée avait en commun : à savoir partir vivre au sommet des Chutes du Paradis en Amérique du Sud. Le grand écran présente alors l’une des images les plus poétiques et des plus impressionnantes de l’année : la maison de Carl, attachée à des milliers de ballons gonflées à l’hélium, prend son envol entre les immeubles de la ville. Inutile de préciser que la technique de Pixar fait encore une fois des merveilles, que ce soit pour les plans aériens dans les nuages ou en pleine tempête, ou encore les paysages exotiques survolés. La technologie du 3D relief, utilisée avec subtilité, ajoute au vertige de sensations qu’offre ce film vraiment dépaysant. Si le design des personnages peut paraître simpliste (les formes cubique de Carl…), l’animation est parfaite. L’attention aux détails est également très pointilleuse (remarquez la barbe de Carl qui pousse au fur et à mesure du film).


Dans son aventure, Carl (doublé dans la version française par Charles Aznavour) va devoir faire équipe avec Russell, un jeune scout hyperactif qui se trouvait sur le porche de sa maison au moment du décollage, un chien parlant et un étrange volatile tropical. L’humour est, comme dans tous les Pixar, bien présent et redoutablement hilarant. Que ce soit la relation entre Carl et Russel qui fait des étincelles, les répliques tordantes du chien Dug (« Squirrel ! »), les gags de Kevin l’oiseau qui rappelle les belles heures des courts-métrages Warner et Disney, on rit beaucoup. Mais ce n’est pas pour autant que les personnages et l’émotion sont laissés de côté. Chaque protagoniste possède une histoire et un axe scénaristique qui fait que l’on s’attache à chacun d’eux et que l’on frissonne lorsqu’ils sont en danger. Preuve encore de la maîtrise de l’art du cinéma par les artistes Pixar : l’introduction du film qui résume la vie de Carl et Ellie en vingt minutes, le tout quasiment sans paroles et rythmé par une partition mélancolique et sublime de Michael Giacchino, est d’une maestria rare. Des moments d’intenses émotions, prenant même le risque d’aborder des thèmes sombres pour un film d’animation (la mort, une fausse couche, le divorce…). Lorsque j’ai vu le film à Cannes, je n’ai pu retenir des larmes et à en juger par les reniflements autours de moi, je n’étais pas le seul (et c’est vraiment pas pratique avec les lunettes 3D). Quand aux scènes de bravoure, elles sont palpitantes et bénéficient d'une mise en scène inspirée et pleine d'énergie, à l'image de la scène de la tempête ou de la course poursuite en avions.


Là-Haut est un chef-d’œuvre de plus à rajouter à la liste pour Pixar. Une leçon de cinéma non pas destinée uniquement aux enfants, comme le sont la plupart des films d’animation aujourd’hui. Les artistes de Pixar offrent à chaque fois des films qui parlent à toutes les catégories démographiques sous des allures de fantaisie réveillant l’enfant qui sommeille en chacun de nous. Une recette qu’utilisait un certain Walt Disney à ses débuts et qui a largement fait ses preuves. Dès sa sortie, courrez voir Là-Haut, vous en sortirez le cœur léger et avec une envie de mordre la vie à pleine dents. PS : amenez des mouchoirs !


Partager cet article

Repost 0
Published by Kinoo - dans Cinéma
commenter cet article

commentaires

Kaliya 19/11/2009 10:13


Contrairement à toi, j'ai été vachement déçue... Le début était franchement excellent : comment terminer sa vie ? et puis après, vient une histoire absolument inintéressante, on a même pas envie de
savoir la fin... Je ne parle même pas du gros problème au niveau de la différence d'âge entre le méchant et le personnage principal (je sais plus leurs noms). Quand il est petit, le personnage
principal doit avoir 12 ans, et le méchant une 40 aine d'années je pense. Et quand le perso principal a +/- 80 ans, ben le méchant est toujours vivant et parait plus jeune que lui... Bon après, je
sais que c'est de la fiction mais bon... C'est quand même hallucinant comme erreur. J'aimerais bien que Pixar nous ponde un bon film comme autrefois, genre 1001 pattes. Je trouve vraiment que leurs
œuvres sont actuellement vraiment sur-estimées...


Jérémy Zucchi 08/08/2009 11:18

Un film génial, émouvant et hilarant! Quel délire! "Écureuil!..." lol Quelle force, quelle intelligence! Je laisse l'adresse de ma critique du film sur mon blog, où je tente de l'anlyser en lien avec la crise actuelle, le film étant avant tout un refus du cynisme de notre société : http://jeremy-zucchi.over-blog.com/article-34683884.html

didy 02/08/2009 09:59

Gros coup de coeur pour ce film et ses personnages... J'ai ri, j'ai pleuré j'ai eu peur... En gros je crois que c'est un des meilleurs films que j'ai vu cette année !!!

Diawan 18/06/2009 00:40

Je me refuse à lire toute critique avant de voir le film, mais j'espère qu'une fois encore, on sera d'accord sur la note ;)

Kinoo 24/06/2009 00:05


On en discute à la fin du mois de juillet alors (ou avant si tu chopes une avant-première!)


Cécile 07/06/2009 19:45

Super chronique, ce film donne vraiment envie. Et puis au passage très beau design de blog ;-)