Vendredi 10 juillet 2009

Repoussé de six mois à la grande colère des fans du sorcier binoclard, Harry Potter & le Prince de Sang Mêlé arrive enfin dans les salles et se veut encore plus sombre que les précédents volets. Et c’est vrai que dès les premières images d’un ciel chargé et tonnant, l’ambiance n’est pas à la fête. L’emprise de Voldemort s’infiltre à Poudlard, ses sbires agissent à la lumière du jour, quitte à semer la panique dans le monde des Moldus dans l’impressionnante scène d’ouverture, où ils brisent le Pont du Millenium à Londres. Tentant de protéger son école, le sage Dumbledore prend Harry sous son aile pour mieux le préparer à l’inévitable combat contre le Seigneur des Ténèbres. Ambiance ! Elle est bien loin l’atmosphère bon enfant de l’Ecole des Sorciers, les enjeux de ce film sont plus graves et l’expectation du pire qui est à venir est très bien rendue. Evidemment, ce n’est guère évident de condenser 700 pages en deux heures et demi de pellicules, mais le scénario s’en sort plutôt bien même si certains thèmes auraient gagnés à être plus approfondis (notamment le passé de Voldemort à travers les flash-backs, qui semble un brin survolé). Et comme si cela ne suffisait pas de devoir déjouer les sombres desseins de Seigneur des Ténèbres, Harry Potter et ses amis sont également confrontés à leurs hormones qui chauffent sérieusement. Le traitement de ces scènes sont très réussies et contrebalance la gravité du contexte, mêlant l’humour de situation et des prestations tout à fait honorables de la part de Daniel Radcliffe (qui s’est totalement approprié le personnage), Emma Watson (qui en plus d’être sublime, possède un charisme fou) et Rupert Grint qui bénéficie de son heure de gloire et fait chavirer les cœurs.


L’alchimie entre les trois comédiens, qui ont tous bien grandis (comme le fait remarquer une savoureuse réplique de Dumbledore), est d’ailleurs à toute épreuve, après six films vous allez me dire que c’est normal, et les relations entres Harry, Hermione et Ron n’en sont que plus vraies et touchantes. Les seconds rôles habituels sont également au rendez-vous, toujours convaincants pour certains (Alan Rickman, Maggie Smith, James Gambon), moins pour d’autres (Tom Felton, fade), et accueillent des nouveaux venus enthousiasmants : Jim Broadbent fait un professeur Slughorn excentrique et mystérieux tandis que la jeune Jessica Cave délivre un rafraîchissant numéro de groupie in love. Du côté des images, la photographie jouant sur les lumières éclatantes et les ombres humides insuffle à l’esthétique du film une sensation oppressante et viscérale. Les décors et les costumes sont comme à l’habitude très soignés et le dépaysement est toujours au rendez-vous. Les scènes de bravoure sont trop peu nombreuses mais globalement efficaces, parmi elles le retour du Quidditch et l’inquiétante et glauque attaque de « gollums » dans la caverne aux cristaux de sel. On attendait un peu plus côté émotions et grandeur, de l’ultime séquence très attendue par les fans et à l’issue dramatique, un peu expédiée et qui nous laisse un peu sur notre faim. Lorsque le générique de fin apparaît, les 2h20 sont passées très vite et la magie opère toujours. La frustration nous gagne à la fin de cet épisode de transition qui manque un peu d’adrénaline mais qui nous fait déjà mourir d’impatience de découvrir Les Reliques de la Mort, toujours réalisées par David Yates et divisées en deux films, qui s’annoncent dantesques.


Par Kinoo - Publié dans : Cinéma - Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
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