La sortie du sixième volet au cinéma est l’occasion de se pencher à nouveau sur cette saga fantastique qu’est celle de
Harry Potter. Pour ma part, je
n’ai lu aucun des bouquins et ai découvert la saga que tardivement, lors de la sortie de
La Coupe de Feu. Je m’étais loué les trois premiers épisodes et je m’étais fait une séance
rattrapages.
Harry Potter à l’Ecole des Sorciers est un premier jet honnête mais loin d’être enchanteur.
Chris
Colombus se contente d’adapter le roman de
J.K Rowling à la lettre, sans y insuffler une once de personnalité. On y découvre donc la
première année à Poudlard du petit sorcier à lunettes, que campe un tout jeune
Daniel Radcliffe parfait pour le rôle. Les effets spéciaux sont réussis
et la musique de
John Williams est magique, ce qui ne suffit pas à faire de ce film un monument de fantasy.
Harry
Potter & la Chambre des Secrets va dans le sens du premier opus en approfondissant l’univers et les personnages de la saga. Ainsi, Ron et Hermione campés par
Rupert Grint et
Emma Watson, prennent du galon, tandis que l’impressionnante galerie de seconds rôles s’installent
(
Alan Rickman,
Maggie Smith).
Kenneth Brannagh ouvre également
le bal des grands acteurs anglais à faire leur passage dans la série. Le scénario du film est un peu plus étoffé et offre des scènes fantastiques plus osées (attaque d’araignées géantes). Les
décors et les costumes sont toujours aussi soignés et participent au dépaysement magique que garantit désormais Harry Potter.
Pour le troisième volet, Chris Columbus laisse sa place de réalisateur à
Alfonso Cuarón et la différence se fait nettement sentir. Plus mature, plus
travaillé, plus sombre, l’univers d’
Harry Potter & le Prisonnier d’Azkaban est à la fois poétique, lyrique et enchanteur. Le scénario, qui voit
Harry recherché par un prisonnier récemment évadé d’Azkaban (et joué par
Gary Oldman), est parfaitement calibré et permet au cinéaste de sortir des
sentiers battus par son prédécesseur. La mise en scène est virtuose, comme l’illustre la dernière partie du film où les héros revivent une scène sur un mode différent. Les comédiens, qui
grandissent à vue d’œil et s'habillent en survêts, gagnent en charisme et commencent à maîtriser leurs personnages sur le bout des doigts. Audacieux, ce troisième opus est une franche réussite et
demeure jusqu’à maintenant mon préféré de la saga, même si
Harry Potter & la Coupe de Feu est plutôt réussi également.
Mike Newell (le réalisateur de
Quatre Mariages et un Enterrement) est aux commandes et fait entrer Harry et sa clique dans l’adolescence avec
beaucoup d’humour british mais surtout de justesse (comme en témoigne l’excellente scène de bal). Mais ce quatrième volet est également le plus épique de tous, avec les épreuves intenses
auxquelles se livrent les élèves de Poudlard : combat contre un dragon terrifiant, course sous-marine haletante… Et la tonalité sombre dans laquelle la franchise s’est lancée se confirme avec
l’apparition de Voldemort, incarné par
Ralph Fiennes, redoutable sous son maquillage reptilien, et la mort d’un personnage au terme du long-métrage.
Harry Potter & l’Ordre du Phoenix, réalisé par
David Yates, est moins convaincant. Si le casting
s’offre des pointures (dont
Imelda Staunton dans le rôle de l’excentrique et stricte Dolores Ombrage), la mise en scène souffre d’une platitude
embarrassante. Le scénario accumule les rebondissements mais le réalisateur semble dépassé par les évènements et a du mal à gérer les émotions (la mort de Sirius Black est d’une fadeur !) et les
scènes de bravoure (le combat entre Dumbledore et Voldemort est décevant). Trop académique, pas assez ambitieux, ce cinquième opus est sauvé par l’univers bien établi de Harry Potter, qui
garantit toujours un moment de magie et de dépaysement.
Au final, la saga Harry Potter est plutôt inégale, démarrant avec deux films très sages mais établissant les bases d’un univers riche et atteignant des sommets de divertissement avec des
cinéastes aventureux, un casting de grands acteurs britanniques qui se succèdent de film en film, des effets spéciaux saisissants et une histoire originale passionnante. Malheureusement, la saga
perd en audace sur ses deux dernières sorties et on espère que David Yates va se dépasser et proposer le meilleur pour le tournage des
Reliques de la
Mort, dont la sortie en salles sera divisée en deux parties.
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