Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 00:10

000Anonymous

 

Roland Emmerich est avec Michael Bay, le spécialiste des films catastrophes. D'Independance Day à 2012 en passant par Le Jour d'Après, le réalisateur d'origine allemande est réputé pour ne pas faire dans la finesse, privilégiant la démesure des effets spéciaux à la qualité cinématographique. Alors quand le projet Anonymous lui est associé, un film en costume sur une thèse controversée selon laquelle Shakespeare ne serait pas le véritable auteur de ses œuvres, Hollywood est pris par surprise. Et aussi incongrue que la tâche puisse paraître, l'exercice est, à défaut d'atteindre des sommets, loin d'être honteux.

 

000Anonymous2

 

Probablement en quête de crédibilité, le cinéaste allemand s'est lancé à cent pour cent dans ce thriller politique sur fond de complot historique. Premièrement, il s'est entouré de quelques bons acteurs pour les rôles principaux. Rhys Ifans (qui incarnera le Lézard dans le prochain The Amazing Spiderman) interprète avec conviction et élégance le Comte d'Oxford, qui dans la théorie développée par le film, serait le véritable auteur des célèbres œuvres de Shakespeare. Ce dernier est dépeint comme un illettré coureur de jupons (Rafe Spall en constant surjeu) à qui le noble prête la paternité de ses œuvres, ne pouvant par son statut assumer son amour des arts. Le scénario qui multiplie les intrigues et les allers-retour temporels aborde aussi les manigances des conseillers de la Reine Elizabeth I (Vanessa Redgrave flamboyante), les jalousies entres jeunes poètes sans le sou, des secrets de famille royale, et une quête du pouvoir sans merci. De quoi vite perdre le fil de l'histoire et le montage déconcertant ne nous facilite pas la tâche.

 

000Anonymous3

 

Mais le film ne manque pas de qualité: un soin particulier a été apporté à la reconstitution du Londres du XVIe siècle que ce soit dans les costumes détaillés, les décors riches et les plans aériens numériques mais convaincants de la capitale britannique. La photographie peut se targuer de recréer avec brio plusieurs atmosphères comme la froideur de la Tour de Londres ou le joyeux bazar du monde théâtral. Visuellement parlant, le spectacle est au rendez-vous et cela rend le film assez agréable à regarder. Pas plus ostentatoire qu'un Shakespeare In Love, le film de Roland Emmerich reste un divertissement agréable grâce aux belles images et malgré les nombreuses longueurs. On reste surpris par autant de finesse de la part de celui qui a ravagé la planète à plusieurs reprises.

 

7-copie-1.gif

Sortie en salles: 04.01.12

Partager cet article

Repost 0
Published by Kinoo - dans Critique
commenter cet article

commentaires