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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 23:02

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Cette histoire d'un homme dépassé par la vie qui commence à parler à une marionnette d'un castor aurait pu faire le sujet d'une comédie grasse américaine bien grasse. Il est d'ailleurs rigolo de noter que le scénario est passé dans les mains de Jay Roach, réalisateur de Mon Beau-Père & Moi, en vue d'en faire un film avec Jim Carrey en vedette. Mais la destinée de ce script écrit par Kyle Killen a pris une tournure bien différente dans les mains de Jodie Foster, la comédienne qui retourne derrière la caméra quinze ans après Home for the Holidays. Cette dernière en a fait une histoire touchante sur laquelle plane une tristesse latente, celle d'un homme rongé par des démons intérieurs qui pourraient très bien se manifestaient en chacun de nous. C'est encore plus troublant quand le rôle est confié à Mel Gibson, dont les frasques ont défrayés les chroniques ces derniers mois, qui livre ici une grande performance.

 

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Walter est un homme au bout du rouleau, dont les liens avec sa famille ont été rompus et dont la carrière bat de l'aile. Après une tentative de suicide ratée, il trouve par hasard une marionnette d'un castor sur lequel il va projeter une personnalité qui va le convaincre de repartir de zéro. A partir de là, on assiste à un véritable tour de force, aussi bien du côté des acteurs que de la réalisation. N'y allons pas par quatre chemins et faisons fi des scandales des tabloïds, Mel Gibson est ici magistral. C'est sans doute le plus beau rôle de sa carrière et on sent la direction d'acteur derrière. Juste, poignant et drôle à la fois, le comédien semble tout donner à l'écran et éblouit à chacune de ses apparitions. Les scènes dans lesquelles il joue la schizophrénie avec le castor sont parfaites, ni trop appuyés, ni pas assez assumées. Cette interprétation est soulignée par la mise en scène tout en sobriété de Jodie Foster, qui en tant que comédienne sait où il faut poser l'œil de la caméra pour sublimer les performances. Elle utilise également les angles de vue de manière très habile pour illustrer la dualité de l'esprit de Walter et son castor. Cette dernière est d'ailleurs toujours aussi talentueuse et émeut dans le rôle de la femme aimante mais inquiète.

 

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Elle s'est d'ailleurs entourée d'un casting parfait. Le fils ainé, joué par Anton Yelchin, jeune comédien prometteur déjà vu dans Star Trek et New York I Love You, possède également une intrigue parallèle aux problèmes de son père et il faut dire que l'interprétation est impeccable. La jeune Jennifer Lawrence (nommée aux Oscars pour Winter's Bone) est également excellente. D'une intrigue de base qui peut prêter à sourire, Jodie Foster a réussi à offrir un film qui parlera à tous les spectateurs. Malgré la noirceur et la tristesse qui règne dans la majorité du film, il saura également vous faire sourire et réfléchir, et Le Complexe du Castor vous poursuivra après le générique. Le signe des grands films, et ce dernier en fait largement partie... je l'affirme sans complexe !

 

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Sortie en Salles: 25.05.2011

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Published by Kinoo - dans Critique
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