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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 01:33

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La nouvelle production de Judd Apatow réunit l’un de ses poulains, Jason Segel (Sans Sarah Rien Ne Va) et l’une des plus belles et talentueuses actrices de ces dernières années Emily Blunt (Le Diable s’Habille en Prada), pour une comédie romantique drôle, juste et émouvante. Le producteur a redéfinit le paysage de la comédie U.S en quelques hits (Supergrave, En Cloque Mode d’Emploi, Mes Meilleures Amies) mais également quelques ratés (Funny People, L’An 1...). Cinq Ans de Réflexion fait heureusement partie de la première catégorie.

 

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Ecrit par Nicholas Stoller (également réalisateur) et Jason Segel, le scénario du film suit un couple durant cinq années durant lesquelles il passe par la passion, la jalousie, la responsabilité etc… Bref, des thèmes récurrents du genre mais qui sont ici traités avec une extrême justesse. On peut tous se reconnaître dans l’un des personnages: Tom, chef cuisiner trentenaire de San Francisco qui accepte de renoncer à une promotion pour soutenir la carrière de sa fiancée, Violet, promue à l’université du Michigan et qui est tiraillée entres l’excitation et la peur pour son couple. Rarement un film avait aussi bien cerné les relations d’un couple de manière aussi subtile sans pour autant paraître lourdingue. La durée du film pourra rebuter certain, mais elle est nécessaire à l’installation de l’histoire des personnages et est parfaitement justifiée tant l’évolution de ceux-ci est totalement maîtrisée.

 

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Le film se suit avec plaisir, le quotidien du jeune couple et le théâtre de scènes d’humour efficaces (et plus fines de ce qu’on a connu des films d’Apatow) et l’émotion qui s’alternent avec brio. Et la complicité évidente entres Jason Segel et Emily Blunt aide clairement à faire passer agréablement les 2h05 que dure le film. Le duo fait preuve d’une belle alchimie et d’une jolie palette d’émotions qui rend le combat de leur personnage pour trouver l’équilibre entre le bonheur du couple, le sacrifice et l’auto-destruction plus touchant et crédible. Les seconds rôles ne sont pas en reste grâce aux performances de l’excellente Alison Brie en sœur déjantée et de Randall Park en meilleur ami un peu lourd. Seul Rhys Ifans semble en deçà de ce qu’on connaît du comédien. Au final, Cinq Ans de Réflexion est une comédie réjouissante et pertinente sur les relations de couple, qui prêtent justement à la réflexion sans pour autant se poser en donneur de leçons. Un moment agréable à ne pas manquer, malgré la faible sortie dont le film bénéficie en France.

 

critique: Jonathan Rabeute

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 09:40

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Steven Soderbergh est un réalisateur pour le moins productif (trois films à l’affiche en un an) et éclectique. Du film de braquage au drame intimiste, en passant par des essais expérimentaux ou des actionners bourrins, le cinéaste aime varier les plaisirs. Pour son dernier film, il s’est inspiré des débuts de stripteaser de son acteur Channing Tatum (qu’il a dirigé dans Piégée) pour livrer une plongée enivrante dans l’univers de ces hommes qui s’effeuillent pour vivre. Inspiré de faits réels donc, Magic Mike suit le parcours du jeune Adam, ouvrier sans talent sur un chantier, qui est pris en main par Mike, trentenaire entrepreneur qui se déshabille sur scène en attendant de réaliser ses rêves, qui l’embarque dans la folie du striptease: argent facile, filles et soirées.

 

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Channing Tatum dévoile ici une sensibilité inattendu et révèle une palette d’émotions riche et convaincante. Comme il l’avait fait pour Julia Roberts dans Erin Brokovitch ou George Clooney dans les Ocean’s, Soderbergh parvient à diriger son comédien pour en tirer le meilleur. Le jeune acteur déploie toute l’étendue de ses talents physiques lorsqu’il s’agit des numéros dansés, félin et sexy en diable, il galvanise l’assemblée que ce soit en solo ou en groupe. Car le public féminin et gay ne seront pas déçus du voyage, une troupe de beaux gosses du petit et grand écran se trémoussent et se dévoilent sous la caméra inspirée et virevoltante du réalisateur. Vous pouvez compter sur Alex Pettyfer (Numéro Quatre), Matt Bomer (FBI, Duo très Spécial), Adam Rodriguez (Les Experts: Miami) ou encore Joe Manganiello (True Blood) pour faire grimper la température grâce à des chorégraphies efficaces et une bande originale énergisante.

 

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Dans le rôle du patron excentrique de la boîte de nuit, Matthew McConaughey (spécialiste des rôles torse nu) a l’air de s’éclater mais son numéro est lourdingue à la longue et manque de finesse. Si le scénario demeure très convenu dans l’évolution de ses personnages et dans la romance un peu forcée et que le côté sombre du revers de la médaille est sous-traité (les problèmes de drogue etc…), Soderbergh réussit à proposer un film plutôt classe pour un sujet aussi léger. Il s’amuse toujours autant avec l’image, le cadrage et la lumière (il assure d’ailleurs la photographie lui-même sous le pseudonyme de Peter Andrews) et délivre un spectacle jouissif qui sent bon la sueur et l’huile auto-bronzante. Pas un projet majeur mais qui tient plutôt bien ses promesses.

 

crititque: Jonathan Rabeute

 

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Sortie en salles: 15.08.2012

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 15:04

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Avec The Dark Knight Rises, le réalisateur prodige Christopher Nolan conclût de la plus belle manière qui soit une renaissance audacieuse et magistrale du mythe de Batman. Trois films qui peuvent se targuer de figurer au panthéon des trilogies réussies et marquantes aux côtés du Seigneur des Anneaux, Le Parrain, Retour Vers le futur ou encore Indiana Jones. On avait quitté le Chevalier Noir en cavale à l’issue des évènements de The Dark Knight, on le retrouve huit ans après alors que Gotham City est menacée par les plans anarchiques du terroriste Bane. Le chaos engendré par ce dernier va forcer Bruce Wayne à sortir de sa retraite anticipée et à porter le masque de l’homme chauve-souris à nouveau.

 

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Attendu depuis des années, la conclusion de la trilogie Dark Knight ne déçoit pas et applique la recette du blockbuster intelligent chère à Nolan : une bonne dose de spectaculaire allié à des performances d’acteurs bien dirigés et à des thèmes et pistes de réflexion osés et bien traités. Pour le grand spectacle, surtout en IMAX, vous en aurez pour votre argent. Le réalisateur ouvre le film avec un abordage d’avions de haut vol assez vertigineux, la maîtrise de sa caméra toujours aussi soignée et méticuleuse. L’utilisation des effets numérique est bien présente mais sait rester discrète pour laisser la place à des effets spéciaux physiques qui donnent aux scènes d’action un aspect plus authentique. Couplés au score percutant de Hans Zimmer, l’échelle démesurée et l’ambition de certaines scènes vous scotcheront au fauteuil. Le seul défaut de Christopher Nolan demeure les scènes de combat rapproché qui s’avère peu lisibles et trop tremblantes.

 

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Du côté du casting, Christian Bale ne fait qu’un avec Bruce Wayne et fait preuve d’une belle palette d’émotions face aux démons qui rongent son personnage. Michael Caine est juste flamboyant et offre une performance touchante et poignante dans le rôle du majordome fidèle mais inquiet. Gary Oldman et Morgan Freeman sont également au rendez-vous et demeurent convaincants. Du côté des nouveaux arrivants, Anne Hathaway fait taire les mauvaises langues dans la combinaison sexy de Selina Kyle (Catwoman n’étant jamais énoncée dans le film), cambrioleuse sensuelle et maligne, elle s’accapare du rôle avec une aisance certaine et on en redemande. Tom Hardy, dont le visage est à moitié recouvert par le masque de Bane, est de nouveau impressionnant physiquement (son corps a doublé de volume pour le rôle) et délivre une performance puissante et redoutable. Joseph Gordon-Levitt est charismatique à souhait dans le rôle d’un jeune policier dont le parcours croise celui de Batman tandis que Marion Cotillard s’en sort avec les honneurs dans un rôle à double jeu.

 

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Définitivement ancré dans son époque, le film aborde des thèmes d’actualité comme la crise financière, la place des pauvres et des riches, le terrorisme et le fanatisme religieux. Le rythme est soutenu et le sentiment d’urgence et de constant danger est maintenu avec un sacré brio. Le scénario assemble brillamment les pièces d’un énorme puzzle, bouclant les boucles amorcées dans Batman Begins et offre un final grandiose à son héros, une conclusion épique et prenante.

 

Critique: Jonathan Rabeute

 

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Sortie en salles: 24.07.2012

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 10:57

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Après avoir brillamment adapté la comédie musicale Hairspray, Adam Shankman remet le couvert en s’appropriant le hit de Broadway Rock of Ages et invite un parterre de stars dans sa joyeuse célébration du rock. Le scénario est somme toute convenu et suit une jeune blondinette fraîchement débarquée à Los Angeles et qui rêve de gloire, d’amour et d’eau fraîche (ou plutôt du gin). Elle y rencontre un jeune serveur qui partage son rêve, se fait embauché comme serveuse dans un célèbre club d’Hollywood où elle côtoie un rockeur superstar, Stacey Jaxx.

 

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Ce dernier est interprété par Tom Cruise, assurément la raison pour laquelle il faut se déplacer pour voir Rock Forever. Cassant son image de beau gosse action star, le comédien ne recule devant aucune excentricité pour faire vivre son personnage de diva rock, dont la vie est rythmé par l’alcool, la scène et le sexe. Une performance ! Du coup, le duo de jeunes premiers (Julianne Hough et Pablo Boneta) ont bien du mal à exister et livrent des prestations fades et sans saveur. Et ils ne sont pas aidés par un scénario qui les flanquent d’une amourette de bas étage ennuyeuse au possible.

 

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Heureusement, les seconds rôles de luxe sont savoureux: le duo que composent Russell Brand et Alec Baldwin est irrésistible, Catherine Zeta-Jones en chienne de garde est un bonheur d’autodérision tandis que Paul Giamatti est étonnant. Les numéros musicaux (versions remaniées des hits de Journey, Bon Jovi, Poison ou encore Def Leppard) sont bien maîtrisés et chorégraphiés, la palme revient au numéro de Mary J. Blige « Anyway You Want It », très sexy. Certains crieront que l’esprit rock est très aseptisé, c’est vrai qu’on lorgne plus du côté de Glee que d’un concert des Rolling Stones, mais le plaisir est là et la bonne humeur contagieuse. Un divertissement rafraîchissant. Alors ne boudons pas notre plaisir !

 

Critique: Jonathan Rabeute

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 00:19

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Les studios Pixar nous avaient laissé sur notre faim l’an passé, en nous livrant un Cars 2 mercantile et artistiquement décevant. Cette année, ils redressent la barre avec Rebelle (Brave en V.O), un conte initiatique émouvant et épique situé dans une Ecosse médiévale et magique. Merida est une jeune princesse écossaise dont la fougue n’a d’égal que son impressionnante tignasse bouclée et rousse. Mais sa mère, la reine Elinor, n’a de cesse de la rappeler à l’ordre pour la préparer à sa futur vie de noblesse bien rangée. Quand l’héroïne fait appel à la magie et que des esprits mystiques de la forêt et des ours s’en mêlent, elle devra partir en quête de son véritable destin et renouer les liens avec sa mère. 

 

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Au premier abord, le film a plus des allures de contes de fées habituellement réalisés par les studios Disney qu’à un Pixar: une jeune princesse, une sorcière, de la magie et des petits animaux rigolos. Mais ne nous méprenons pas, le savoir-faire du studio à la lampe de bureau est bien présent. Techniquement, Rebelle prouve encore une fois que Pixar surpasse la concurrence en nous offrant des plans survolant les collines écossaises de toute beauté. De la texture des décors aux travaux sur la lumière et les ombres en passant par l’incroyable travail d’animation effectué sur la sublime chevelure de Merida, le film offre un spectacle visuel éblouissant. Les animateurs délivrent également des scènes de bravoure exaltantes et épiques et pourraient donner des leçons à certains réalisateurs de blockbusters qui en auraient bien besoin (*tousse* The Amazing Spiderman *tousse*). La 3D offre une profondeur convaincante au film (et souligne l’effet de liberté lors des séquences à chevaux notamment), bien que l’image s’en trouve assombrie. 

 

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Réalisé par Mark Andrews, qui a repris les rênes du projet initié par Brenda Chapman, Rebelle aborde naturellement des thèmes forts et féminins, même si ils paraissent peu originaux: l’émancipation, le refus de la conformité et des règles… Mais c’est la relation mère-fille trouve ici une résonnance particulièrement touchante grâce à une écriture dosant parfaitement l’émotion et l’humour. Moins émouvant que Là-Haut ou Toy Story 3 (qui tiraient beaucoup sur la corde sensible), Rebelle peut tout de même se targuer de quelques notes touchantes brillamment amenées. On peut également reprocher au scénario un premier acte un peu lent à démarrer et quelques scènes de remplissage superflues. 

 

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Sous ses allures de contes de fées traditionnels, le long-métrage fourmille de trouvailles et d’idées géniales bien caractéristiques à Pixar: le chaudron magique façon répondeur de la sorcière est hilarant par exemple, le trio infernal des petits frères de Merida offre des gags de situation comiques et efficaces sans parler. Côté doublage français, Bérénice Bejo (silencieuse dans The Artist) délivre un travail honorable avec une voix pleine de nuances et d’énergie. La partition de Patrick Doyle (Thor, Harry Potter & La Coupe de Feu..) aux intonations celtiques accompagne parfaitement les sublimes images. Dépaysant, visuellement sublime, émouvant et drôle, Rebelle offre tous les ingrédients que l’on attend d’un bon Pixar sous des airs de conte de fées plus classique.


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Critique: Jonathan Rabeute

Sortie en salles: 01.08.2012

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 08:54

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Auteur méconnu dans nos contrées, le Dr. Seuss est une véritable institution aux Etats-Unis. Ses œuvres ont déjà connu des adaptations cinématographiques comme Le Grinch avec Jim Carrey, Le Chat Chapeauté avec Mike Myers ou le film d’animation Horton. Cette année, c’est à nouveau l’animation qui a puisé son inspiration dans la littérature du Dr. Seuss alors que les studios Universal dévoilent Le Lorax. Ce dernier est une petite créature orange à l’énorme moustache jaune et au caractère bien trempé qui défend avec ferveur la nature et ses merveilles. Ted est un jeune adolescent qui habite Thneedville où tout est fait de plastique, où la végétation est devenue une légende et où l’air frais s’achète en bidon. Pour impressionner sa voisine, une belle rouquine pour qui son cœur palpite, il part à la recherche d’un arbre vivant et rencontre le Gash-pilleur, un vieil ermite qui lui contera l’histoire du Lorax. 

 

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Réalisé par Chris Renaud (Moi, Moche & Méchant), Le Lorax peut se targuer d’une animation fluide et de bonne facture. Le style graphique particulier des illustrations des livres d’origine a été respecté et se prête bien à l’animation. La palette de couleurs du film est chatoyante et saturée d’orange, de rose et de jaune qui va chatouiller vos rétines ostensiblement. Derrière cet arc-en-ciel en 3D se dévoile une intrigue plutôt commune au service d’un message écolo bienvenu et pas trop lourdingue pour les plus jeunes du public. On regrettera une baisse de rythme dans le deuxième acte qui laisse s’installer l’ennui et des gags trop faciles pour faire sourire. 

 

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Le casting vocal déploie une belle énergie à commencer par Danny DeVito qui prête sa voix reconnaissable au Lorax. Zac Efron et Taylor Swift assurent une prestation honnête alors qu’Ed Helms (Very Bad Trip) et Rob Riggle (21 Jump Street) ne sont pas avares en vitalité dans les rôles respectifs du Gash-pilleur et du méchant O’Hare. Notons également la présence de l'inénarable Betty White ! Au final, Le Lorax est un joli film d’animation au message honorable qui ravira le jeune public, mais qui ne captivera pas les plus grands la faute à une réalisation plutôt banale. 


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critique: Jonathan Rabeute

Sortie en salles: 18.07.2012
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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 13:22

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Reboot attendu au tournant, The Amazing Spider-Man se dévoile enfin et s’avère un divertissement honnête et fun mais plutôt décevant, même si ce n’est pas le désastre annoncé. A peine plus de dix ans après le premier portage réalisé par Sam Raimi (remercié après des différents artistiques sur le troisième opus), ce reboot se pose plus en nécessité mercantile (afin de conserver les droits du personnage chez Sony) qu’une véritable motivation artistique. C’est donc à Marc Webb, réalisateur de la comédie romantique 500 Jours Ensemble, qu’est incombé la tâche de relancer la franchise. La cible est résolument plus jeune et l’intrigue se focalise sur la genèse d’un Peter Parker encore lycéen à la recherche des secrets de ses parents disparus, et sa phase de découverte de ses nouveaux pouvoirs. 

 

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Dans The Amazing Spider-Man, la genèse de l’homme-araignée passe par une première partie plutôt bien maîtrisée dans laquelle le jeune homme est présenté comme un geek timide au passé plein de secrets familiaux. Le réalisateur mène bien sa barque et gère les relations humaines avec talent. Un certain air de comédie indépendante se dégage de quelques scènes et les émotions sont plutôt bien gérées. D’autant que du côté de l’interprétation, Andrew Garfield est vraiment efficace et s’approprie le rôle sans trop de problèmes. Il est touchant et drôle en Peter Parker et débite de la vanne avec charisme sous le masque de Spider-Man. On aurait aimé voir Emma Stone plus à l’écran tant elle fait un rôle féminin intéressant en Gwen Stacy et qu’une alchimie évidente entres les deux perce l’écran. Quelques pistes intéressantes sont exploitées: la relation entre Peter et le père de Gwen Stacy, chef de la police qui a pour cible l’homme-araignée qu’il considère comme un délinquant, et le portrait de l’adolescence vise très juste. 

 

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Là où le bât blesse c’est quand le scénario tente de justifier une telle remise à zéro alors que les films de Sam Raimi sont encore dans toutes les mémoires. L’histoire jamais racontée promise est en fait un arc scénaristique lourdingue qui lie le secret des parents de Peter Parker et les recherches menées par le Dr. Connors (Rhys Ifans aussi classe que son alter ego numérique reptilien est laid) qui vont également influer sur les origines de Spider-Man. Malgré les efforts pour se démarquer du prédécesseur, une impression de déjà-vu plane sur la majorité du film (la piqûre, la mort de l’Oncle Ben, les sessions d’entraînement sont traités de façon soit trop similaire soit en moins bien…). La 3D est mise contribution de bien belle manière, surtout dans les scènes de survol de Manhattan (en dix ans les effets numériques se sont beaucoup améliorés), l’usage avec parcimonie des vues subjectives et autres acrobaties du héros qui en mettent plein la rétine. Mais la mise en scène des séquences de bravoure manquent cruellement d’énergie et d’épique pour convaincre. 

 

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On sent l’œil moins habitué du réalisateur à mettre en image des prouesses de superhéros qui abuse d’un découpage nerveux, des mouvements de caméras grossiers et de ralentis outranciers. La partition musicale s’avère de plus décevante de la part d’un James Horner qu’on a connu plus inspiré. Au final, The Amazing Spider-Man se pose en divertissement efficace mené par un casting brillant, mais dont l’existence même est dénuée d’intérêt artistique. Sam Raimi avait posé et installé les bases d’une franchise tellement enthousiasmantes et solides qu’il est limite inconscient d’avoir voulu la rebooter aussi tôt, pour un résultat certes honnête, mais qui n’amène en soi rien de nouveau. 

Critique: Jonathan Rabeute

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Sortie en Salles: 04.07.2012

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 01:21

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Réalisateur habituellement rompu aux clips (U2, Daft Punk, M, Phoenix....), Alexandre Courtès se lance dans son premier long métrage avec The Incident, un huis clos horrifique plein de bonnes intentions et plutôt généreux malgré un budget dérisoire.Georges, Max et Ricky sont trois jeunes membres d'un groupe de rock qui payent tant bien que mal leurs factures en officiant dans les cuisines d'un asile psychiatrique peuplé de fous dangereux. Une nuit, alors qu’une tempête fait rage, le système de sécurité tombe en panne. Les portes s’ouvrent et les occupants de l’asile s’échappent de leurs cellules. Les trois musiciens n’ont alors plus qu’un seul objectif : survivre.


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 La première chose que l'on apprécie chez les protagonistes principaux, c'est que pour une fois, il ne s'agit pas de complets abrutis. Nos trois compères réagissent généralement de manière crédible et ne vont pas s'enfermer eux mêmes dans une situation mortelle comme c'est trop souvent le cas dans le genre. L'introduction très (trop?) longue permet de bien planter le décors, de s'immerger dans la vie des personnages et surtout, de s'y identifier. Mention spéciale à Georges, campé par un Rupert Evans incroyablement attachant. Puis tout bascule enfin, la panne de courant survient et l'angoisse se distille doucement mais surement. Et c'est là que le film montre ses qualités comme ses défauts. La réalisation est de très bonne facture, les plans sont bien calculés et la bande son est discrète mais prenante. Les internés font vraiment peur à voir et on ressent toute la folie meurtrière de certains avant même que l'orage n'éclate. On apprend tout doucement à les craindre et la vitre de la cuisine séparant les pensionnaires des cuistots sera autant un rempart contre la mort que contre la folie qui menace de céder à tout instant et qui finalement, ne protège plus ni personnages ni spectateurs. 

 

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Pour le reste, The Incident récite comme un bon élève ce qui fait le succès des films d'horreur de zombies bien nerveux mais se heurte à son décors limité. Les personnages tournent toujours en rond dans les mêmes couloirs et le même réfectoire et finalement aucune idée géniale ne vient nous ôter l'impression d'avoir déjà vu des tas de films comme celui ci. A l'heure ou le cinéma d'horreur déploie des trésors d'inventivité pour être original en allant même jusqu'à l'autocritique (Tucker & Dale Fightent le malLa cabane dans les bois...), à une époque ou le cinéma d'horreur asiatique est de plus en plus à la mode et écrase systématiquement la concurrence, il est difficile pour The Incident de s'imposer en tant que film, de faire véritablement peur et encore moins de surprendre. Et ce n'est pas la conclusion un poil capillotractée (ou juste facile pour certains) qui rehaussera l’intérêt. Bref, un film d'horreur bien sympa mais qui ne révolutionne en rien le genre.

critique: Julien G

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Disponible en Blu-Ray et DVD le 4 juillet 2012.

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 09:56

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Peu connus dans notre vieux continent, Harold et Kumar ont acquis le statut de culte dans le petit monde des comédies pour stoners américain. Le genre de films ciblés pour les fumeurs de marijuana dont les plus illustres exemples ne manquent pas récemment (Délire Express, Smiley Face, Eh Mec! Elle est Où Ma Caisse?…). Ils apparaissent pour la première fois dans Harold & Kumar Chassent le Burger, réalisé par Danny Leiner en 2004, dans lequel on fait donc connaissance avec ce duo haut en couleurs. Harold est un jeune employé de bureau malmené par ses collègues, Kumar est un étudiant en médecine brillant mais paresseux, qui noient leurs soucis dans la consommation active de cannabis. Les deux colocataires décident un jour de se rendre dans un restaurant de la chaîne de fast-food White Castle pour se faire une véritable orgie de burgers. Le périple ne sera pas de tout repos et semé d’embûches les plus dingues. 

 

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Road trip déjanté, le film ne requiert pas de planer pour en apprécier l’humour gras et les gags rocambolesques. Les acteurs John Cho (Star Trek) et Kal Penn (How I Met Your Mother) font preuve d’une belle alchimie et d’un talent comique certain. Les caméos sont amusants, d’un Neil Patrick Harris jouant son propre rôle et qui deviendra un habitué de la franchise à Ryan Reynolds en infirmier niais à Malin Akerman en femme sexy d’un affreux redneck. Mais sous ses airs de comédies débiles, le film offre également un joli pied de nez à l’Amérique bien pensante en explosant les clichés et soulignant les problèmes de société de la nation de manière certes peu subtiles mais efficaces. Rien que le fait de caster un asiatique et un indien en têtes d’affiche était osé. 

 

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Sorti quatre ans plus tard mais dont l’action reprenant directement après la fin du premier volet, Harold & Kumar s’évadent de Guantanamo poursuit dans la lignée du road trip délirant: cette fois-ci les deux compères sont jetés dans une cellule de la prison pour terroristes après que le bong de Kumar ne soit pris pour une bombe à bord d’un avion qui les emmenait vers Amsterdam. Juste après avoir échappé au «cock meat sandwich» (vous comprendrez à la vision), ils s’évadent et traversent les Etats-Unis jusqu’au Texas pour demander de l’aide à une vieille connaissance. Réalisé cette fois par le duo Jon Hurwitz et Hay Schlossberg, le film est encore plus irrévérencieux et tacle cette fois la paranoïa et les dérives raciales suite aux attentats du 11 septembre 2001, l’incompétence du gouvernement de Georges W. Bush et les stéréotypes. 

 

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Pour les deux films, on pourrait regretter une mise en scène sans génie mais pour ce genre de comédie le plus important réside dans l’interprétation des acteurs et l’efficacité des gags, sans oublier l’écriture des dialogues. De ce côté-là, Harold & Kumar ne déçoivent pas et offrent un spectacle réjouissant et complètement barré. 


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PS: Harold & Kumar sont revenus l’an passé dans Harold &  Kumar Fêtent Noël en 3D. Il sera chroniqué lors de sa sortie en DVD et Blu-Ray.  

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 22:41

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Depuis quelques années et l’arrivée de John Lasseter et Ed Catmull à la tête des Walt Disney Animation Studios, les artistes sont à nouveau motivés et encouragés à développer des projets excitants. Et la ressuscitation du programme des court-métrages, en vogue chez Pixar depuis le début, permet aux talents officiant dans les studios d’expérimenter des nouvelles technologies et de mettre en scène leurs idées sur des histoires courtes avec moins de contraintes que sur un long-métrage. Après Tick Tock Tale, La Ballade de Nessie et Le Mariage de Raiponce, Disney dévoile ce mois-ci Paperman, une fusion de l’animation traditionnelle et de l’image de synthèse remarquable. 


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NB: Les images qui illustrent ce billet sont des recherches graphiques et non le rendu final du court-métrage. 


Dans un Manhattan en noir et blanc et minimaliste, un jeune homme tente de retrouver la femme pour qui il a eu le coup de foudre sur un quai de métro. Quand par un jour ennuyeux au bureau, il la repère dans l’immeuble d’en face. Il tente alors de l’interpeller en lui envoyant des petits avions de papier. Réalisé par John Khars, le court-métrage repousse les limites de l’animation en combinant la spontanéité du coup de crayon avec la stabilité et la perfection de l’image de synthèse. Un résultat bluffant et convaincant qui ne laissera personne indifférent. On se demande pendant les premières secondes à quoi on a à faire (est-ce de la 3D? Du cell shading?) mais le charme et la poésie de l’histoire nous happe vite pour laisser de côté toutes les questions techniques. 

 

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Portée par la musique douce et enivrante de Christophe Beck, Paperman est un bijou sur tous les fronts. Visuellement, le noir et blanc et le travail sur les lumières et les ombres sont de toute beauté, et quel meilleur terrain de jeu que les gratte-ciels de New York ? L’histoire, aussi simple et déjà-vu soit-elle, est touchante à souhait. Un petit brin de magie avec les avions de papier donne à Paperman sa raison d’être animé. Brillant d’innovation et touchant d’émotions, ce court-métrage des studios Disney est une nouvelle étape dans l’histoire de l’animation. Après un essai aussi convaincant, un long-métrage avec cette technologie ne devrait plus être très loin. 

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Paperman sera diffusé en avant-programme du film Les Mondes de Ralph [sortie en salles le 5.12.12]

 

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