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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 10:10

Jedgar

 

Après avoir travaillé avec les plus grands réalisateurs (Scorsese, Spielberg, Raimi...), Leonardo DiCaprio a rejoint Clint Eastwood pour un biopic sombre et ambitieux de l'ancien charismatique directeur du FBI. L'homme se prêtait parfaitement à l'exercice avec son éthique douteuse dans le fichage de certaines personnalités et ses pratiques immorales dans la politique. Et il faut avouer que le cinéaste s'en tire avec les honneurs avec ce J.Edgar fort d'un scénario profond et d'un esthétisme léché.

 

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Leonardo DiCaprio est stupéfiant encore une fois, habitant pleinement son personnage de ses 20 ans à sa mort, à travers son regard, ses gestes et ses paroles. Une performance à la hauteur des ambitions du film qui transcende les couches de maquillage. Arnie Hammer, beau à se damner, confirme son talent tandis qu'il est toujours plaisant de voir Naomi Watts à l'écran quand elle est bien dirigée. La photographie et ses couleurs désaturées, le jeu des ombres ainsi que les décors et les costumes contribuent à la franche réussite esthétique du film. Le seul point noir réside dans le maquillage trop appuyé des comédiens dans la force de l'âge, qui manquent cruellement de finesse et n'ont rien à envier aux mannequins de cire de Madame Tussaud.

 

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Le  film est intéressant quand il traite les actions qui trouvent un écho troublant dans notre société contemporaine, à l'image des violences policières ou les écoutes téléphoniques comme moyen de chantage. Même si il semble ne tacler qu'une partie de la carrière de l'homme (épargnant par ailleurs quelques traits encore moins recommandables du personnage), le scénario parvient à dresser un portrait passionnant et humain. L'oscarisé Dustin Lance Black, à qui l'on doit le scénario de Harvey Milk, réussit à équilibrer ce portrait d'un accroc de travail avec une part plus sombre et secrète de sa vie personnelle: la relation avec sa mère envahissante et la secrète affaire homosexuelle qu'il entretenait avec son partenaire, qui bien que légèrement esquissée, demeure très bien traitée. Le montage, non linéaire, peut déconcerter et le rythme est assez inégal, mais J. Edgar demeure un portrait saisissant et visuellement sublime, à défaut d'être un film majeur du réalisateur Eastwood.

 

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Actuellement en Salles

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 20:11

Felins

 

Avec plus ou moins de succès, Disneynature nous amène à chaque film dans un voyage hypnotique au cœur de la faune et de la flore de notre Terre. Après les profondeurs d'Océans et les secrets du Pollen, le label nous plonge dans deux histoires de gros chats au milieu de la savane africaine. Réalisé par Alastair Fothergill et Keith Scholey, deux pointures du documentaire animalier (on leur doit les séries phares de la BBC, Planète Bleue et Planète Terre), Félins raconte les histoires de deux mères, une lionne et un guépard, bravant les dangers de la vie sauvage pour élever leurs enfants.

 

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Tourné avec des caméras à la pointe de la technologie, le film propose des images spectaculaires et hypnotiques. Des paysages qui invitent au dépaysement aux scènes de chasse des guépards filmées au ralenti, vous en prendrez plein les yeux. Grâce à la patience et à la grande expérience de l'équipe du film à l'instar de la cadreuse Sophie Darlington, le spectateur sera témoin de scènes inédites comme ce moment impressionnant où un lion défie un crocodile au bord de la rivière, ou encore cette émouvante séquence où une lionne mourante confie son lionceau à une autre. Jamais un documentaire n'aura proposé une telle proximité avec ces magnifiques créatures.

 

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De l'émotion, il y en a dans Félins, les animaux se révélant plus touchants que des acteurs, malgré le fait qu'ils soient évidemment plus imprévisibles. Car si le film est scénarisé, ce sont bien les animaux qui en écrivent les grandes lignes, on regrette néanmoins les parallèles avec les humains traités avec pas assez de finesse. Si la narration de Samuel L. Jackson dans la version originale s'est avéré trop envahissante, on peut se réjouir de l'adaptation française racontée par l'acteur Pascal Elbé qui a préféré une approche plus discrète afin de laisser les images parler. En alliant le spectaculaire des plans naturels et l'émotion d'un scénario naturellement prenant, Félins est un spectacle dépaysant qui réussit à sensibiliser en passant par l'émerveillement en évitant la leçon de morale.

 

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Sortie en salles: 01.02.2012

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 00:01

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Adapter un best-seller qui avait déjà fait l'objet d'un portage européen il y a à peine deux ans était un projet plutôt étrange pour David Fincher. Mais à y regarder de plus près, le livre tacle des thèmes chers au réalisateur: une enquête captivante à la Zodiac, une violence (mois graphique peut-être) comme dans Seven et un regard social un brin satirique aperçu dans The Social Network. C'est donc en terrain connu que le cinéaste déploie à nouveau ses talents d'orfèvre du septième art moderne. Cette nouvelle version de Millenium: Les Hommes qui n'aimaient pas les Femmes reprend l'histoire du livre dans laquelle un journaliste bafoué s'adjoint les services d'une hackeuse antisociale. Ensemble, ils partent à la recherche à élucider la mystérieuse disparition d'un membre de la famille du clan Vanger, puissants magnats suédois.

 

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Le scénario de Steven Zaillian parvient à garder les qualités de l'œuvre littéraire tout en condensant les meilleurs éléments pour en faire un thriller cinématique et efficace. Scène après scène, le film avance en développant deux arcs qui se retrouvent naturellement vers le milieu du métrage. La virtuosité de David Fincher est ici encore éclatante et ne s'économise pas sur les bonnes idées. Son sens de la mise en scène et un travail minutieux de la photographie font des merveilles et parviennent à établir des atmosphères impeccables: des paysages froids et isolés de la Suède rurale aux intérieurs dérangeants, en passant par les rues nocturnes sublimement éclairées.

 

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L'univers musical est tout aussi intéressant avec une partition très inspirée d'un collaborateur de longue date du réalisateur, Trent Raznor. Leur alliance ouvre d'ailleurs le film dans le vif avec un générique explosif sur une revisite de la chanson « Immigrant Song ». Relativement classique, l'enquête sur les traces d'un serial killer se révèle pourtant captivante car le thriller s'en sert pour se plonger dans une étude passionnante de ses personnages. Une immersion dans deux vies fondamentalement opposées qui vont pourtant se croiser et fusionner non sans conséquences. Daniel Craig délivre l'une de ses meilleures performances de sa carrière, toujours juste et crédible tandis que Stellan Skarsgård se révèle toujours aussi efficace.

 

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Mais la véritable perle du film reste Rooney Mara, la jeune actrice découverte dans The Social Network interprète le rôle central de Lisbeth et parvient à se démarquer de l'incarnation de Noomi Rapace dans le film suédois. Métamorphosée sous une carapace de cyberpunk piercée et antisociale, elle oscille constamment entre l'innocence d'une petite fille et la force d'une femme fatale en un clin d'œil. L'intensité et la dureté de la vie du personnage se lisent dans le puissant regard de la jeune comédienne, dont les sourcils rasés renforcent encore plus l'efficacité. A l'image de Lisbeth, Millenium: Les Hommes qui n'aimaient pas les Femmes n'est pas un film pour les cœurs sensibles (certaines scènes sont à la limite du soutenable); qui déconcertera certainement une partie du public. Témoignant du talent prodigieux de David Fincher qui n'est désormais plus à prouver, le film est une incursion passionnante dans les esprits brouillés de héros, reflets d'une société branlante. Un tour de force hypnotique.

 

9.gifSortie en salles: 18.01.12

 


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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 14:12

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Sous ses airs de conte pour enfants, Hugo Cabret est en fait un vibrant et flamboyant hommage à l'essence même du septième art. Cinéphile dans l'âme, Martin Scorsese déclare de la plus belle manière qui soit son amour de l'art et son admiration sans limite à l'un des précurseurs des effets spéciaux au cinéma, Georges Méliès. Si Aviator ouNew York New York l'abordait déjà, c'est en adaptant le livre pour enfants de Brian Selznick que le réalisateur base entièrement son film sur la passion de sa vie. Dans le Paris des années 30, le jeune Hugo remonte les horloges de la Gare du Nord dans laquelle il vit depuis la mort de son père, tout en évitant l'inspecteur de gare et l'orphelinat. Un jour, il parvient avec l'aide d'Isabelle à faire fonctionner un vieil automate légué par son paternel, et qui va les mener à découvrir les secrets d'un vieux vendeur de jouets nourri de regrets.

 

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Hugo Cabret c'est plusieurs pistes de lecture, la première propose un charmant conte narré tout en simplicité. La quête d'un jeune garçon avide de percer le secret de son passé et la soif d'aventure d'une jeune fille nourrie par les livres et récits de papier. Ils sont respectivement interprétés par le jeune Asa Butterfield qui s'en sort avec les honneurs pour une première à l'écran, et par Chloé Moretz, loin de la violence de ses premiers rôles dans Kick-Ass et Laisse-Moi Entrer. Costumes riches, décors léchés, la reconstitution d'un Paris romantique a bénéficié d'un soin particulier et d'un travail qui n'a laissé aucun détail de côté. La Gare du Nord, principal plateau du film, flirte entre le réalisme et le fantastique et les multiples horloges et leurs mécanismes confèrent un dynamisme onirique à la production.

 

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Enfin, le film regorge de clins d'œil à l'âge d'or du cinéma, de Buster Keaton à Charlie Chaplin. La mise en scène reprend les codes de l'époque ce qui confère aux scènes de poursuite avec l'inspecteur de gare (que campe un étonnant Sacha Baron Cohen) un charme vintage indéniable. Ode à l'imagination que ce soit au cinéma ou à travers les livres, Hugo Cabret aborde aussi la vie de Georges Méliès (l'excellent Ben Kingsley), pionnier de l'histoire du cinéma aux côtés des Frères Lumière et dont les œuvres (dont l'iconique Voyage dans la Lune) font partie intégrante du scénario. Comme Méliès à ses débuts, Scorsese tire le meilleur de la technologie actuelle et nous offre un spectacle magique pouvant se targuer d'une utilisation parfaite de la 3D doublé d'une leçon de cinéma passionnante.

 

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Actuellement dans les salles

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 12:12

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Plus de quinze ans après Microcosmos, le duo de réalisateurs Claude Nuridsany etMarie Pérennou filment à nouveau le minuscule en s'attardant cette fois sur la faune d'une mare de campagne. Sauf que cette fois, ils ont choisi une approche moins documentaire en y mêlant une partie fiction peu convaincante. Ainsi, le spectateur suit les journées d'été d'un jeune garçon en vacances à la ferme, qui pour passer le temps passe ses journées à observer les habitants d'un point d'eau. Mais il se rend vite compte qu'il n'est pas le seul et va devoir partager sa mare au trésor avec une petite fille à l'imagination débordante.

 

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Avec La Clé des Champs, les deux cinéastes et passionnés de la nature prouvent qu'ils n'ont pas leur pareil pour délivrer de jolies images de nos amis les petites bêtes. Ainsi, le film offre de jolies séquences de la riche faune de la mare composée de libellules virevoltantes, de crapauds chanteurs et d'une carpe centenaire. Et en plus, la bande originale envoutante à souhait est signée Brunos Coulais. Mais voilà, le côté fiction est franchement moins réussi. Les enfants sont clairement amateurs, les scènes jouées sont mal dirigées et loin d'être aussi naturel que le reste du métrage. De plus la narration de Denis Polyadès est omniprésente, limite envahissante, sur un texte presque pompeux tant il se veut poétique. Résultat, l'ennui s'installe rapidement malgré la courte durée du film. Pour le prochain film, on suggère aux réalisateurs de se focaliser sur la nature qui offre déjà de biens belles histoires qui se passent très bien de fiction maladroite et pas convaincante.

 

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Sortie en salles: 21.12.11

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 17:14

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Oh My God!, le film de la réalisatrice Tanya Wexler sur l'invention du premier sex toy dans l'Angleterre victorienne est une comédie romantique pétillante qui ne manque pas de charme mais beaucoup plus sage qu'il ne laisse penser. Se basant sur des faits réels, l'histoire suit le jeune docteur Mortimer Granville, adepte de la médecine moderne et dont l'avant-gardisme refroidissait les grands cabinets encore habitués aux saignées barbares et aux méthodes arriérées. Essuyant plusieurs refus, il trouve un travail en tant qu'assistant du docteur Darlymple, spécialiste de l'hystérie féminine (mal imaginaire dont on accusait la moitié des femmes de Londres à cette époque) et dont le remède miracle était un massage intime dont le plaisir procuré effaçait les troubles. Alors qu'une crampe à la main l'empêche de continuer son devoir, le jeune docteur met au point avec l'aide de son meilleur ami, inventeur féru d'électricité, le premier vibromasseur.

 

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Le scénario de Stephen Dyer et Jonah Liser Dyer ne manque pas d'humour, mêlant le flegme anglais avec la drôlerie du sujet, et si le rythme est parfois inégal, l'ennui ne s'installe jamais grâce au charme de l'entreprise. Et les acteurs contribuent largement au plaisir en délivrant un jeu énergique et une belle alchimie: Hugh Dancy fait un jeune premier convaincant, à la fois drôle et touchant, il peut prétendre au poste de successeur de Hugh Grant sans problème. Maggie Gyllenhaal est rayonnante dans le rôle de la sœur Darlymple, jeune femme aux convictions féministes avant-gardistes et dont la verve déconcerte son entourage. Tandis que Rupert Everett vole la vedette à ses camarades à chaque (trop courtes) apparitions.

 

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Ne versant jamais dans le graveleux, le film fait rire de manière subtile et toujours élégante et se permet même d'aborder des thématiques telles que la place de la femme dans la société et les luttes qu'elles ont du entreprendre pour arriver à un semblant de parité, qui tiennent visiblement au cœur de la réalisatrice. Un soin particulier a été apporté à la reconstitution d'époque et ce, malgré le défi d'un budget dérisoire. On regrettera un léger manque de provocation et un ton généralement trop sage sur un tel sujet, ainsi que des personnages un peu survolés (Felicity Jones sous-exploitée et Jonathan Pryce un brin brouillon), mais rien qui n'entache cette joyeuse production qui vous fera passer un excellent moment de cinéma. Et restez bien pour le générique afin d'étayer votre culture en matière de jouets coquins à travers les âges (que l'on peut retrouver sur la page Facebook du film: ici).

 

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Sortie en salles: 14.12.11

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 14:01

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Jusque là rompu aux petits rôles en tant qu'acteur, Elijah Craig se lance avec Tucker & Dale Fightent le Mal dans le monde impitoyable de la réalisation. Son argument, une comédie horrifique narrant les mésaventures de deux grands copains qui passaient ensembles de tranquilles vacances jusqu'à l'arrivée d'un groupe de jeunes campant non loin. Suite à un gigantissime quiproquo, Tucker et Dale se retrouvent tueurs en série malgré eux et les jeunes, membres d'une secte prête à un suicide collectif malgré eux. S'ensuit un joyeux bordel mélant habilement horreur et fous rires qu'on avait pas connu avec ce genre de film depuis longtemps.

 

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Entre le film d'horreur et la comédie, la caméra choisi cette dernière. Ambiance lumineuse, dimension légère et clichés trop gros pour être involontaires. Tyler Labine campe un Dale au physique parfait pour ce type de rôle comique à la Jack Black mais dont le jeu reste très subtil, montrant un personnage maladroit, un peu benêt mais au coeur d'or. L'alchimie avec Alan Tudyk est parfaite et le duo est on ne peut plus crédible en amis de toujours et pour la vie. Katrina Bowden n'est pas en reste, dans son rôle de vraie fausse bimbo, celle qu'on a connu dans la série 30 Rock et qu'on retrouvera prochainement dans American Pie 4 est d'une beauté renversante et signe une prestation honnête.Tucker & Dale fightent le mal rempli son contrat qui est de faire rire la salle. De bout en bout, qu'on ai affaire à un gag d'une petite seconde en arrière plan ou au running gag du film, jamais cela ne tombe à plat. Et ceci grâce au parti pris ingénieux du film. La où les comédies horrifiques misent systématiquement tout sur l'humour graveleux et scatologique, Tucker & Dale privilégie un comique de situation, tout aussi gratuit, mais beaucoup plus éfficace. L'humour est presque involontaire, et c'est ça qui marche.

 

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Le scénario va de quiproquo en quiproquo. Une situation mal interpretée, une phrase sortie de son contexte et entendue au mauvais moment, tout est pretexte à des situations invraisemblables, débouchant sur un meurtre qui, si gore soit il, provoquera toujours l'hilarité. Et si on pouvait penser que tenir une heure et demi de film sur ce pitch de départ serait ardu, le film nous suprend encore en inversant totalement les rôles et la tendance dans sa seconde moitié, alors que la bande de jeune contre attaque et que les boogymens malgré eux se retrouvent victimes.Ce premier jet d'Eli Craig est une bouffée d'air frais qui en s'amusant avec les clichés du genre pour mieux les détourner, ne cesse de nous faire tourner en bourrique pour notre plus grand plaisir. En un mot comme en cent : rafraichissant !

 

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Sortie en salles: 01.02.12

 

C'est à Masao que l'on doit cette critique de Tucker & Dale Fightent le Mal. Spécialiste du survival et de l'horreur dans divers médias (cinéma, jeux vidéos...), notre premier guest-critic vient d'ouvrir un blog qui comblera les amateurs: Survivals-Horror. N'hésitez pas à y jeter un oeil.

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 00:10

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Roland Emmerich est avec Michael Bay, le spécialiste des films catastrophes. D'Independance Day à 2012 en passant par Le Jour d'Après, le réalisateur d'origine allemande est réputé pour ne pas faire dans la finesse, privilégiant la démesure des effets spéciaux à la qualité cinématographique. Alors quand le projet Anonymous lui est associé, un film en costume sur une thèse controversée selon laquelle Shakespeare ne serait pas le véritable auteur de ses œuvres, Hollywood est pris par surprise. Et aussi incongrue que la tâche puisse paraître, l'exercice est, à défaut d'atteindre des sommets, loin d'être honteux.

 

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Probablement en quête de crédibilité, le cinéaste allemand s'est lancé à cent pour cent dans ce thriller politique sur fond de complot historique. Premièrement, il s'est entouré de quelques bons acteurs pour les rôles principaux. Rhys Ifans (qui incarnera le Lézard dans le prochain The Amazing Spiderman) interprète avec conviction et élégance le Comte d'Oxford, qui dans la théorie développée par le film, serait le véritable auteur des célèbres œuvres de Shakespeare. Ce dernier est dépeint comme un illettré coureur de jupons (Rafe Spall en constant surjeu) à qui le noble prête la paternité de ses œuvres, ne pouvant par son statut assumer son amour des arts. Le scénario qui multiplie les intrigues et les allers-retour temporels aborde aussi les manigances des conseillers de la Reine Elizabeth I (Vanessa Redgrave flamboyante), les jalousies entres jeunes poètes sans le sou, des secrets de famille royale, et une quête du pouvoir sans merci. De quoi vite perdre le fil de l'histoire et le montage déconcertant ne nous facilite pas la tâche.

 

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Mais le film ne manque pas de qualité: un soin particulier a été apporté à la reconstitution du Londres du XVIe siècle que ce soit dans les costumes détaillés, les décors riches et les plans aériens numériques mais convaincants de la capitale britannique. La photographie peut se targuer de recréer avec brio plusieurs atmosphères comme la froideur de la Tour de Londres ou le joyeux bazar du monde théâtral. Visuellement parlant, le spectacle est au rendez-vous et cela rend le film assez agréable à regarder. Pas plus ostentatoire qu'un Shakespeare In Love, le film de Roland Emmerich reste un divertissement agréable grâce aux belles images et malgré les nombreuses longueurs. On reste surpris par autant de finesse de la part de celui qui a ravagé la planète à plusieurs reprises.

 

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Sortie en salles: 04.01.12

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 16:04

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Depuis Las Vegas Parano, Johnny Depp avait noué une forte amitié avec l'auteur Hunter S Thomson qui est depuis décédé en 2005. Avec Rhum Express, le comédien et également producteur livre son sincère hommage à l'auteur en adaptant l'une de ses premières nouvelles autobiographiques, non publiée. Réalisé par Bruce Robinson, Rhum Express n'atteint pas les sommets de folie sous influence du film de Terry Gilliam, mais demeure une virée agréable en bonne compagnie.

 

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Johnny Depp est Paul Kemp, un journaliste new-yorkais qui débarque dans le Porto Rico des années 60 pour y dénoncer l'exploitation immobilière des Américains. Sur place, son penchant pour l'alcool ne trouve point de salut et il se laisse embarquer dans de sombres magouilles avec un promoteur qu'incarne un charismatique Aaron Eckhart. Le film réserve son lot de péripéties cocasses à l'image d'une virée rebondissante en voiture avec le photographe joué par Michael Rispoli, les apparitions hallucinantes de Giovanni Ribisi ou alors une incursion dans le vaudou des plus cocasses. Et si vous n'avez pas envie de déménager à Porto Rico avec ces plans de carte postale et ces paysages sublimés par la caméra, ça ne tourne pas rond chez vous.

 

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L'ennui c'est qu'au-delà de ça, le film ne propose pas grand chose à part une succession de tableaux, aussi dépaysants et amusants qu'ils peuvent être. Le scénario ne parvient pas à se développer pleinement et les enjeux semblent s'empâter dans le contemplatif. Même Johnny Depp, au naturel sans perruque ni maquillage, ne livre qu'une performance honnête loin de transcender son art. Quand à sa romance avec le personnage de la sensuelle Amber Herd, elle semble bien futile tant elle n'a pas le temps de s'installer. On sent le respect et l'amour de l'œuvre de Thomson à travers ce Rhum Express, qui manque cependant de punch pour offrir un réel intérêt au-delà de la jolie carte postale des Caraïbes.

 

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Actuellement en salles

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 09:00

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Cinq ans après leurs premiers pas de danse sur la banquise, le réalisateur George Miller offre à ses manchots une suite enthousiasmante de l'original, qui sans révolutionner le genre offre des scènes ambitieuses et des numéros visuels réjouissants, avec toujours un message écolo qui ne fait jamais de mal (le film évoque la fonte des glaciers, les marées noires...). Dans Happy Feet 2, Mumble (toujours doublé par Elijah Wood) est le papa d'Erik, poussin réservé et moins doué pour la danse que son père. Alors que ce dernier s'enfuit et prend pour modèle un macareux se faisant passer pour un pingouin volant, Mumble doit réunir les nations de manchots pour venir en aide à la colonie des Empereurs, pris au piège par un iceberg.

 

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Le charme agit toujours quand il s'agit de voir ces volatiles esquisser des pas de danse et s'époumoner sur des reprises de standards de la musique avec une verve contagieuse. La chanteuse Pink, qui prête sa voix à l'un des personnages, est la caution mélomane du film. L'animation est soignée et l'attention au détail est bluffante : des plans larges de banquise vertigineux au gros plans sur des flocons de neige ou du duvet des jeunes oisillons, l'infiniment grand et l'infime sont gérés de main de maître par le cinéaste. Ce dernier se laisse d'ailleurs aller à des mouvements de caméra spectaculaires, virevoltant dans la foule des manchots dansants ou plongeant dans un banc de krills pendant une attaque de baleine.

 

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Si le film offre son lot de nouveaux personnages hauts en couleurs, à l'image de Sven (doublé par Hank Azaria qui rivalise de drôlerie avec Robin Williams, la voix de Ramon) ou d'un éléphant de mer roublard, la palme revient à Brad Pitt et Matt Damon qu'il est jouissif d'entendre dans la peau d'un tandem de deux crevettes, hilarantes dans leur quête de reconnaissance dans la chaîne alimentaire. Les deux comédiens ont enregistré leurs dialogues ensemble (ce qui est rare de nos jours pour un film d'animation) et cela s'en ressent à l'écran, sans compter qu'ils bénéficient des meilleures répliques et des vannes les plus drôles. On pourrait reprocher au film un scénario qui a tendance à s'éparpiller dans trop de trames à la fois, mais cela ne suffit pas pourbouder votre plaisir face à ce spectacle aussi agréable avec aux messages efficaces et pas lourdingues.

 

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Sortie en salles: 07.12.11

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