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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 00:11

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Révélé par son premier long-métrage Hunger, le réalisateur Steve McQueen retrouve son acteur Michael Fassbender pour un nouveau film choc sur la vie d'un sex addict. L'acteur irlandais, à l'affiche cette année de X-Men: Les Origines et prochainement de A Dangerous Method, incarne Brandon, trentenaire new-yorkais solitaire et gros travailleur dont le quotidien est gangréné par son addiction au sexe. Sa routine va être perturbée quand sa sœur, chanteuse instable, débarque à l'improviste.

 

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Pour peindre le portrait de cet homme rongé par un mal honteux et méconnu, le réalisateur choisit un traitement neutre et laisse au spectateur porter son propre jugement. La caméra prend son temps et happe les regards, les moindres nuances du jeu des acteurs sont captés et les performances n'en sont que sublimées. Le sexe est ici filmé comme un besoin primitif bestial à assouvir comme un junkie prendrait sa dose.Shame évoque également l'influence négative de la multiplication des moyens de consommer la chair de nos jours (porno, plans cam, clubs échangistes, backrooms...) dans la vie sexuelle des gens. La mise en scène est remarquable et offre des longs plans captivants et la partition de Harry Escott finit de nous enivrer.

 

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Michael Fassbender, qui n'a pas volé son Prix d'Interprétation lors du dernier Festival de Venise, se donne littéralement corps et âme pour les besoins d'un rôle habité. Son personnage au premier abord séduisant et avenant, révèle au fil d'une performance toujours juste la situation glauque de son secret. Face à lui, Carey Mulligan incarne la sœur à la vie tout aussi déprimante et est comme à son habitude rayonnante et convaincante. Elle donne également de sa voix le temps d'une chanson, reprise hantée de « New York, New York », qui coupe le rythme du film mais qui traduit tant d'émotions et d'enjeux des personnages. Le regard de Michael Fassbender durant la chanson et la douleur qu'il révèle vaut tous les prix d'interprétation.

 

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Les adjectifs manquent pour décrire l'expérience offerte par Shame. Captivant de bout en bout, dérangeant un peu, le film confirme également le talent de Michael Fassbender qui se pose en digne héritier de Daniel Day Lewis, et de Steve McQueen qui en deux longs-métrages s'impose comme l'un des cinéastes incontournables de cette génération.

 

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Sortie en salles: 07.12.11

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 00:30

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Surfant sur la vague des péplums sous stéroïdes qui fleurissent depuis le succès surprise de 300, Les Immortels possède un esthétisme hypnotisant mais sonne désespérément creux. Le réalisateur Tarsem Singh nous avait déjà prouvé sa capacité à créer des univers visuels hypnotiques dans ses précédents travaux dans la publicité ou les clips, mais aussi dans son premier long-métrageThe Cell. Premier défaut qui m'a un peu titillé, le film prend vraiment trop de libertés avec le mythe de Thésée (un véritable viol de la mythologie grecque) et tout ça au service d'un scénario rempli de clichés et résolument faiblard.

 

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Ainsi, Thésée est un tailleur de pierre qui décide de venger le meurtre de sa mère tuée par les armées du roi Hypérion, dont les desseins sont d'envahir la Grèce en libérant les Titans et déclarer la guerre aux Dieux de l'Olympe. Une histoire typique de revanche avec des thèmes vus et revus qui ne brillent donc pas par leur originalité et qui devient très vite ennuyeuse. Henry Cavill, le futur Superman, incarne le héros qui brille plus grâce à son corps d'Apollon qu'à sa prestation fadasse et l'absence de direction d'acteur ne l'aide pas. Mickey Rourke quand à lui semble abonner aux rôles de méchants mais semble prendre plaisir à cabotiner en costume tandis que Freida Pinto poursuit sur sa lancée et enchaîne les rôles de potiches de luxe.

 

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Reste le spectacle visuel qui vous en donnera pour votre argent. Usant, et abusant parfois, de multiples effets de style, le film peut se targuer de quelques scènes d'action réjouissantes et épiques qui n'économisent rien en ce qui concerne les têtes qui volent et les éclaboussures d'hémoglobine filmées au ralenti. Et puis cette scène de bataille dans les cieux reste une idée visuelle éblouissante. Mais au final, le gros problème de ces Immortels est qu'il n'apporte rien de nouveau depuis le 300 de Zack Snyder, pire il violente la mythologie grecque au point de l'irrespect le plus total pour un résultat franchement décevant et pas aussi épique que ne laisse penser l'affiche un brin pompeuse.

 

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 17:24

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Traiter de la maladie au cinéma est une tâche délicate. Il faut savoir trouver le ton juste, éviter de sombrer dans le misérabilisme et savoir traiter les personnages de façon intelligentes pour qu'ils n'inspirent pas que de la pitié. Des réussites il y en a eu, à l'image de Philadelphia avec Tom Hanks bluffant en séropositif, et 50/50 s'inscrit dans cette catégorie mais avec une ambiance résolumment différente. Dans le film de Jonathan Levine, le jeune héros voit sa vie basculer le jour où il apprend qu'il est atteint d'un cancer rare. Il devra affronter cette épreuve grâce au soutien de son meilleur ami et gérer les réactions de sa petite amie et de sa mère.

 

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Avec un sujet aussi grave, on aurait pu s'attendre à un drame larmoyant, il n'en est rien. 50/50 est une comédie douce amère qui alterne avec une fluidité déconcertante l'humour et l'émotion sans jamais tomber dans l'excès de pathos. Le scénario, écrit par Will Reiser qui s'est inspiré de sa propre expérience, se concentre sur le parcours du personnage principal, à sa vision de la maladie et des relations qu'il entretient avec son entourage. Fourmillant de bonnes idées, le film colle à la réalité tout en se permettant des éclats de génie à l'image de la scène où Adam découvre le diagnostic. Mais le plus percutant reste les performances de la distribution absolument parfaite. Joseph Gordon Levitt incarne Adam dans son plus beau rôle jusqu'à maintenant, livrant une partition d'émotions vertigineuse sans jamais faire une seule fausse note.

 

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Seth Rogen interprète le meilleur ami avec son humour et sa verve habituelle, avec une palette émotionnelle qui se rajoute dans la dernière partie du film des plus touchantes. La talentueuse Anna Kendrick (remarquée aux côtés de George Clooney dans Up in the Air) rayonne dans le rôle de la thérapeute sans expérience tandis que Anjelica Huston est juste incroyable de justesse dans la peau de la mère qui doit affronter le silence de son fils et la maladie de son mari. 50/50 est une perle rare qui vous fera passer du rire aux larmes sans abuser de la corde sensible, un film qui vous donnera envie de vivre.

 

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 16:25

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Le baseball est une institution aux Etats-Unis, un sport aussi ancré dans la culture populaire que le football américain et le basketball. Nul besoin d'être un pro de la batte pour se plonger dans Le Stratège, le film de Bennett Miller qui raconte comment une équipe a entamé une saison en enchaînant onze défaites pour la terminer en battant le record de vingt victoires d'affilée. Car si le sport est au cœur de l'intrigue, l'essence même du film se concentre sur ses personnages et la rivalité entre l'intuition et la méthode scientifique.

 

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Frustré de voir ses meilleurs joueurs rachetés par des équipes plus riches après une fin de saison décevante, Billy Beane, ex espoir sur le terrain reconverti en recruteur, s'adjoint les services d'un jeune économiste dont la manière numérique d'analyser les joueurs allait jeter un pavé dans la mare du monde sportif. L'une des grandes forces du film réside dans la qualité de son scénario, écrit par Steven Zaillan et Aaron Sorkin, deux pointures à qui l'on doit respectivement Gangs of New-York et The Social Network. Cette incursion dans les coulisses du sport à haut niveau et du business qui jongle avec les joueurs comme des pions sur un échiquier, est passionnante. Les dialogues sont finement écrits, révélant les conflits intérieurs des personnages à travers des dialogues et des scènes de silence parfaitement bien menés.

 

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L'autre qualité du film réside dans l'interprétation impeccable des comédiens. Brad Pitt prouve encore qu'il a le charisme et le talent nécessaire pour porter un projet sur ses épaules. Il incarne son personnage solitaire, à la carrière décevante et au mariage raté, avec une intensité dissimulé qui émerge à travers des regards puissants, notamment dans les scènes attendrissantes avec sa fille. Il fait preuve d'une alchimie étonnante avec Jonah Hill. Leur duo, totalement improbable sur le papier, fonctionne à merveille grâce à la performance surprenante et tout en retenue du jeune comédien révélé par les comédies trash de Judd Apatow. On note également la présence de Philip Seymour Hoffman qui incarne discrètement le coach de l'équipe. Malgré quelques longueurs, Le Stratège est une excellente démonstration de talents qui parvient à captiver même les profanes.

 

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 09:40

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Dire que le retour d'Andrew Niccol derrière la caméra était attendu tire vers l'euphémisme. Le cinéaste nous avait livré une vision originale et inquiétante du futur dans le désormais culte Bienvenue à Gattaca et dresser le portrait au vitriol d'un marchand d'armes dans Lord of War, sans oublier ses travaux en tant que scénariste sur le Truman Show et Le Terminal. Son silence radio depuis six ans était quelque peu frustrant alors quand le projet Time Out (In Time pour les intimes du titre V.O) se monta avec un pitch de science-fiction au concept en or, on salivait d'avance. Dans un monde où les hommes sont génétiquement modifiés pour arrêter de vieillir à 25 ans, le temps est devenu la monnaie courante. Pour survivre, les gens doivent gagner les heures, les minutes et les secondes, afin de repousser à chaque fois le moment fatidique de leur mort.

 

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Un tel concept ouvre une centaine de possibilités, comme d'explorer des pistes de réflexion sur l'injustice entre les riches qui deviennent quasi immortels et les pauvres qui se tuent au travail ou sombrent dans la violence pour rester en vie. Ou même de souligner des problèmes bien actuels, comme les limites du système capitaliste, en se projetant dans le futur. Ces pistes, Time Out ne fait que les effleurer et c'est bien là le problème du film. Au lieu de se lancer complètement dans ce sujet prometteur, le réalisateur a préféré basculé la deuxième moitié du long-métrage dans un remake futuriste mais peu enthousiasmant de Bonnie & Clyde dans lequel Justin Timberlake (au charisme intact mais au jeu très léger) et Amanda Seyfried (oubliable) incarnent deux jeunes gens en cavale aux desseins révolutionnaires.

 

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La direction d'acteur semblent d'ailleurs négligée, vu les talents mis à contribution pour les seconds rôles tels que Cillian Murphy, Olivia Wilde ou encore Vincent Kartheiser, les interprétations sont vraiment mollassonnes. Les scènes d'action sont rythmées et divertissantes sur le coup mais sont loin d'être mémorables et la vision de ce futur est beaucoup moins inspirée que Gattaca. Manque d'inspiration ? De temps? Ce qui est sûr, c'est que ce Time Out ne peut pas se targuer d'être plus qu'un honnête blockbuster de science-fiction avec une jolie distribution. Ce qui, pour un film d'Andrew Niccol, est une amère déception.

 

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Sortie en Salles: 23.11.11

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 00:13

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Le personnage le plus mémorable de la saga Shrek est sans conteste Le Chat Potté, doublé par Antonio Banderas, ce Zorro miniature aux pattes de velours pouvait venir à bout de ses adversaires à la pointe de son épée... et de ses grands yeux humides qui faisaient fondre les cœurs les plus durs. Il n'en fallait pas plus à Jeffrey Katzemberg, le big boss des studios Dreamworks, pour sentir le bon filon et consacrer au félin son propre film. Dans cette histoire se déroulant avant sa rencontre avec l'ogre vert, le spectateur découvre les origines du héros et son amitié avec Humpty Dumpty, une tête d'œuf (littéralement!) issue d'une comptine britannique, doublée par Zach Galifianakis (Very Bad Trip). Ensemble et rejoints par la féline Kitty, ils partent à la recherche des haricots magiques qui les mèneront à la poule aux œufs d'or (qui est en fait une oie).

 

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Le film ne manque pas de points positifs, premièrement les retrouvailles entres Antonio Banderas et Salma Hayek au doublage, des années après Desperado et Il Etait Une Fois au Mexique, sont réjouissantes et les deux comédiens ont visiblement pris plaisir à donner de la voix et à minauder au micro. Leurs personnages bénéficient en conséquence d'une alchimie assez rare dans le monde du doublage. Le mélange d'humour, d'action et de contes de fées fonctionne assez bien, surtout que les artistes ont eu la bonne idée d'y insuffler des accents latins dépaysants qui renouvellent un peu la franchise. L'animation est d'ailleurs de très bonne facture, de même pour le travail de recherche graphique qui offre une ambiance feutrée et chaude. On regrettera le design des personnages humains, assez laid et qui n'a pas évolué depuis les premiers films du studio.

 

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L'humour fonctionne assez bien grâce à des gags bien trouvés qui parleront aux possesseurs de chats domestiques, des dialogues drôles et des sous-entendus destinés au public adulte plutôt bien placés. Les scènes de bravoure sont bien menées et la 3D est mise à contribution de bien belle manière. Quand le film s'essaye à l'émotion, c'est là que ça tombe un peu à plat. Le traitement des personnages n'est pas assez approfondi pour qu'on s'y attache au-delà des rires et l'émotion n'est pas au rendez-vous, contrairement à un film de Pixar ou Dragons, un précédent film du studio. Le Chat Potté demeure un bon moment de divertissement, bien ficelé et calibré, mais dont la formule commence à s'essouffler pour qui recherche plus qu'un moment de rigolade dans un film d'animation. Efficace mais pas assez audacieux.

 

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Sortie en Salles: 30.11.11

En avant-première de Paris à partir du 15.11.11

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 16:30

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L'homme chauve-souris a su renaître de ses cendres après la débâcle des films de Joel Schumacher. Depuis le succès critique et publique de Batman Begins et The Dark Knight, le justicier masqué a de nouveau la cote et sa popularité se décline aussi bien sur le grand écran que sur papier, jeu vidéo (Arkham City) ou en film d'animation à l'image de cette dernière production de Warner Animation. Batman : Year One est une adaptation très fidèle du roman graphique éponyme, écrit par Frank Miller (à qui l'on doit 300 ou encore Sin City) qui fera passer un bon moment aux aficionados.

 

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L'animation, au style hybride entre manga et comics, est de bonne facture même si certains mouvements sont saccadés et les incrustations d'éléments 3D font mal aux yeux. L'atmosphère sombre et glauque de Gotham City est bien retranscrite et le ton du matériel original est bien respecté. Le scénario reprend minutieusement le déroulement du roman graphique, suivant le retour de Bruce Wayne et la genèse de Batman parallèlement à l'arrivée du Capitaine Gordon et sa guerre contre la police corrompue. On fait également avec Selina Kyle, prostituée qui deviendra une cambrioleuse agile dans le costume de Catwoman.

 

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On pourra reprocher à ce Batman: Year One d'être trop fidèle à son matériel d'origine, car si le rythme très lent du film et le peu de scènes d'action conviennent très bien aux cases de la bande dessinée, le tout se révèle un peu mou pour tenir en haleine à l'écran. Ne vous laissez pas leurrer par le fait qu'il s'agisse d'un anime, le ton est assez noir et la violence bien présente. Autre regret, le scénario se focalisant sur Bruce Wayne et Jim Gordon, il y a peu de place pour les autres personnages et les vilains charismatiques de l'univers Batman. Ainsi, il est un peu frustrant de ne pas voir le Joker (évoqué à la fin seulement), Poison Ivy ou d'autres illustres ennemis. Batman: Year One et une adaptation parmi les plus réussies de l'univers comics qui s'avère être un honnête divertissement. A voir pour patienter jusqu'au prochain The Dark Knight Rises au cinéma.

 

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En Blu-Ray et en DVD: Printemps 2012

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 15:12

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Véritable Arlésienne du cinéma, l'adaptation de l'œuvre d'Hergé trouve enfin son salut cette année grâce à une association de talents assez énorme. Comparé aux planches du dessinateur belge lors de la sortie du premier Indiana Jones, Steven Spielberg était le cinéaste désigné pour porter les aventures de Tintin sur le grand écran. Il est rejoint par Peter Jackson, grand fan de la bande dessinée, qui produit en attendant de diriger le second opus en cas de succès. Deux gages de qualité supplémentaires ont contribué au scénario, Edgar Wright et Joe Cornish (Hot Fuzz, Shaun of the Dead), qui puise son essence dans trois albums de la collection (Le Crabe aux Pinces d'Or, Le Secret de la Licorne et Le Trésor de Rackham le Rouge) et parvient à introduire le personnage aux néophytes (le public américain surtout) et à replonger les fans dans un univers qu'ils affectionnent tant.

 

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Après des années de développement, Les Aventures de Tintin: Le Secret de la Licorne prennent vie grâce à une alliance parfaite entre technologie et cinéma. La technologie c'est la performance capture, évolution de la motion capture qui n'avait guère convaincu entres les mains de Robert Zemeckis (Le Pôle Express etc...) mais dont les possibilités ont éclatées grâce à Gollum dans Le Seigneur des Anneaux, Avatar et récemment La Planète des Singes: Les Origines. Ainsi, les interprétations de Jamie Bell et Andy Serkis sont intactes et parfaitement retranscrites sur les visages de Tintin et du Capitaine Haddock (drôle et irrésistiblement bourru). Daniel Craig et le duo Simon Pegg / Nick Frost complètent le casting dans la peau virtuelle de Sakharine et des Dupondt.Et saluons le travail des animateurs qui ont donné vie à Milou, véritable star de la grande partie des films.

 

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Le cinéma, c'est le savoir-faire de Steven Spielberg, s'affranchissant des contraintes physiques de la caméra, qui délivre des scènes de bravoures absolument dingues et hallucinantes à l'image de la course-poursuite dans les rues marocaines en un plan séquence intense et maîtrisé ou de la bataille navale enflammée qui élève le genre à un nouveau niveau. Le rythme soutenu de l'aventure est mené tambour battant, au son d'une partition de John Williams un peu moins inspiré que d'habitude.

 

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Si le design des personnages est discutable, entre photo-réalisme et les traits d'Hergé, la beauté des images est indéniable. Les décors fourmillent de détails et nous emmènent aux quatre coins du globe, le dépaysement est garanti. Les spectateurs qui ont grandis avec les cases de Tintin seront ravis de voir que l'esprit de la bande dessinée a été respectée, et les clins d'œil à l'œuvre originale sont au rendez-vous (notamment dans le sublime générique). Au final, ce film est un vibrant hommage de Steven Spielberg à un personnage culte et à son auteur dont la plus belle illustration est cette très belle scène d'ouverture qui amène brillamment le héros du papier à une nouvelle dimension. En plus de ça, il donne une nouvelle leçon de cinéma en emmenant le public dans une aventure trépidante et exaltante avec ce tour de force technique qui prouve que le maître est de retour.

 

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 00:01

Contagion

 

Steven Soderbergh fait partie des réalisateurs prodiges qui ont embrassé plusieurs genres avec succès (la comédie dramatique avec Erin Brockovich, le film de braquage élégant avec Ocean's Eleven...), quitte à parfois dérouter le grand public (Full Frontal, Bubble...). Cette année, il revient avec un film de pandémie efficace et maîtrisé et se paie au passage un casting royal. Dans Contagion, on assiste à l'apparition et la propagation d'un virus mortel et à la lutte effrénée de l'organisation médicale internationale pour limiter la pandémie, trouver un antidote et surtout, contenir la panique qui gagne le monde.

 

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Avec une multitude de détails décrivant les facteurs de contamination qui bercent notre quotidien (on se touche le visage à peu près 2000 fois par jour), le film vous met rapidement mal à l'aise. Car en plus de nous interpeller sur les risques que l'on court tous les jours en touchant la barre du métro ou en étant juste assis à côté de quelqu'un qui tousse dans le bus, Contagion nous plonge dans un décor familier et une situation de quasi déjà-vu au lendemain de la grippe aviaire. Le cinéaste démontre l'étendue de son talent avec un montage rapide et un rythme soutenu qui maintiennent une sensation d'urgence tout au long du film. La photographie aux couleurs froides donnent aux acteurs un air maladif tandis que les flous partiels de l'image renforcent le malaise visuel.

 

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L'interprétation des comédiens est top: Laurence Fishburne, Kate Winslet et surtout Jessica Ehle incarnent de façon convaincante la volonté du corps médical à trouver un remède quitte à en payer de leur vie. Matt Damon, en retenue et touchant, interprète le père de famille et le terrien lambda face à la crise tandis que Marion Cotillard témoigne de la vie des malades du côté des malchanceux. Mention spéciale à Jude Law et à l'ambiguïté de son personnage, de loin le plus intéressant de cet ensemble. Car le problème d'un rythme soutenu et de la durée concise du film est que là où il gagne en efficacité, il perd en développement des personnages et de leurs arcs scénaristiques. De plus, le scénario utilise des ellipses un peu rapides.

 

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Mais au final, Contagion atteint son but en plongeant le spectateur dans une course contre la montre intense et prenante, avec des détails réalistes qui vous rendront sans doute paranoïaques en sortant de la salle. Par exemple, lors de la projection du film, un spectateur a éternué et a tout de suite jeté un froid. Allez-y en bonne santé!

 

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Sortie en Salles: 09.11.11

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 12:00

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Ils ont déjà remporté un franc succès critique et publique avec les comédies Nos Jours Heureux et Tellement Proches, à la fois drôles mais également sensibles et touchants, cette année Eric Toledano et Olivier Nakache vont vous émouvoir avec Intouchables. Le duo de cinéastes, interpellés par un documentaire racontant la belle histoire d'amitié entre un tétraplégique et un jeune des cités qu'il embauche comme aide à la personne, ont décidé d'en faire un film magique. Magique car il tacle deux sujets difficiles avec le ton parfait oscillant entre humour et émotions, respect et auto-dérision, empathie sans jamais tombé dans la pitié. Magique aussi car il présente sans doute la plus belle alchimie entres deux comédiens qu'on ait vu cette année au cinéma: l'improbable duo Omar SyFrançois Cluzet fait des merveilles.

 

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Faisant preuve d'une subtilité étonnante, le trublion du SAV des Émissions étend sa palette d'émotions avec brio et trouve avec ce film son meilleur rôle, qui devrait lui ouvrir les portes d'une carrière internationale. Face à lui, François Cluzet rayonne dans le rôle difficile du tétraplégique aisé, plein de remords mais pas dénué d'humour. Leur complicité crève l'écran et la bonne entente dans les moments où ils sont tous les deux à l'écran est sincère et communicative. Mention aux seconds rôles attachants, à l'image de l'adorable Anne Le Ny et de la pulpeuse Audrey Fleurot. Le film est aussi un portrait de la société actuelle et de ses travers, la vie difficile dans les cités et la tristesse des habitants (à travers le personnage de la mère d'Omar notamment, jouée par Absa Dialou Toure) nous est dépeinte de manière réaliste et sans idées préconçues.

 

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Avec le ton toujours juste, Intouchables traite intelligemment de l'handicap, qu'il soit physique ou social, évitant les clichés en utilisant l'humour et en appuyant sur les moments difficiles sans sombrer dans le pathos. En parvenant à émouvoir sans abuser de la corde sensible, à faire rire avec des sujets aussi sérieux, Intouchables est un film qui fait du bien, tout simplement, une bouffée d'air frais et d'amour bénéfique à ne pas rater.

 

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Sortie en Salles: 02.11.11

Fiche Film Allociné

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