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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 00:01

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Shane Black s’est fait connaître en tant que scénariste de L’Arme Fatale, mais il est également un réalisateur très inspiré. Kiss Kiss Bang Bang, son premier film injustement passé inaperçu en salles, en est la preuve. L’histoire nous est racontée en voix off par Harry Lockhart, un voleur en fuite qui atterrit par hasard en pleine séance de casting pour un polar hollywoodien. Afin de préparer son rôle, il fait équipe avec un détective privé homosexuel et une comédienne, mais ne se doute pas qu’ils finiront tous impliqués dans une réelle affaire de meurtre.

 

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Fort de ce point de départ original et décalé, Shane Black reprend les codes du polar et du film noir pour mieux les défaire. La réalisation est étonnamment maîtrisé pour un premier film, le rythme est soutenu et les rebondissements sont finement amenés. L’humour est sûrement le point fort du film, entre des dialogues délicieux et des scènes totalement absurdes (celle juste avant le générique de fin) voire très noires (le cadavre franchement maltraité), les zygomatiques n’ont pas le temps de se reposer.

 

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Les clichés et le politiquement correct ont également la vie dure, Shane Black cherchant toujours à surprendre le spectateur en brisant la routine des films policiers. Et ça marche ! La voix off, les flashbacks, les interventions des acteurs face caméra, un montage déstructuré à la Tarantino… tout ceci fait de Kiss Kiss Bang Bang une expérience quasi interactive. Le casting est également parfait. Robert Downey Jr, avant de connaître un comeback fracassant avec Iron Man, portait le film sur ses épaules, livrant une performance pleine de charme et de bagou. Val Kilmer quant à lui, est simplement excellent dans le rôle de Gay Perry, à l'aise dans la comédie et jouant d’une autodérision irrésistible. Enfin, la magnifique Michelle Monaghan fait une héroïne pulpeuse loin des potiches du genre. Rajoutez à cela des scènes d’action aussi improbables qu’efficaces et vous obtenez le film culte parfait et totalement jouissif. Pour ma part, il fait partie des DVD que je visionne sans me lasser. Alors si vous ne connaissez pas encore, je vous ordonne immédiatement de réparer cette monumentale erreur!


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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 00:01

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Avant de se perdre dans les méandres de la médiocrité avec Le Dernier Maître de l'Air, Phénomènes ou encore La Jeune Fille de l'Eau, M. Night Shyamalan était un jeune scénariste inventif qui a scotché l'industrie avec son premier grand film en 1999 (ses deux premiers longs-métrages étant passés inaperçus). Avec Sixième Sens, Hollywood découvrait une nouvelle manière de raconter une histoire, de mettre en scène la peur et surtout, le concept du twist final, maintes fois imité depuis. Partant d'un concept de base simple mais prenant, un psychiatre suit un enfant de neuf ans qui a la faculté de voir les morts, le cinéaste et également scénariste aborde des thèmes qui lui sont chers et que l'on retrouvera dans sa future filmographie tels que la mort, la foi et les phénomènes paranormaux.

 

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Réalisé avec un budget dérisoire de 40 millions de dollars, Sixième Sens parvient à donner au spectateur de véritables moments d'effroi avec une inventivité à l'épreuve des moyens. La mise en scène est minutieuse et tire profit de chaque ombre, chaque mouvement de caméra et de chaque changement d'angles pour arriver à son but. Une ingéniosité qui prend tout son sens à la deuxième vision, une fois le twist révélé. Le réalisateur a également démontré sa capacité à créer une atmosphère pesante, envoûtante en choisissant la ville historique de Philadelphie, dont chaque maison semble hantée par une histoire riche de plusieurs centaines d'années, et en invitant le talentueux James Newton Howard pour écrire le score, à la fois discret et vibrant.

 

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Si la virtuosité du cinéaste est indéniable, la véritable révélation du film est sans nulle doute la performance d'Haley Joel Osment, alors âgé de onze ans. Habité, juste et émouvant, le jeune comédien rivalise avec ses aînés et impressionne la critique et le public. Bruce Willis, loin des pétarades des films d'action dont il est plus familier, étonne en élargissant sa palette d'émotions et délivre une interprétation subtile et tout en retenue. Les femmes ne sont pas en reste, avec Toni Collette qui parvient à vous bouleverser en deux secondes et Olivia Williams qui joue la femme délaissée. Avec Sixième Sens, M. Night Shyamalan a réveillé les studios d'Hollywood en rapportant plus de 650 millions de dollars de recette à travers le monde pour un budget dérisoire, mais surtout en proposant un script efficace et original parfaitement mis en images par un réalisateur inspiré. Un chef-d'œuvre qu'il n'aura égalé qu'avec Incassable, avant de sombrer dans une incompréhensible descente aux enfers artistique.

 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 18:18

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D'entrée de jeu il faut préciser que les spectateurs désireux de voir une adaptation fidèle et respectueuse de l'œuvre d'Alexandre Dumas peuvent d'ores et déjà passer leur chemin. Après avoir transformé le jeu vidéo Resident Evil en une franchise cinématographique détestable et réalisé un remake sans saveur de Course à la Mort, Paul WS Anderson s'attaque à un monument de la littérature française. Sous couvert de privilégier le divertissement à fidélité, Les Trois Mousquetaires font des prises de kung-fu, affectionnent les tenues en cuir et se battent sur des dirigeables, inventés une centaine d'année après dans la vraie vie. Niveau anachronismes et sacrilèges, on est servis!

 

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Le scénario est simpliste au possible et nous montre comment les Trois Mousquetaires accompagné du fraichement débarqué D'Artagnan vont déjouer les desseins machiavéliques du Cardinal Richelieu, M'Lady et du Duc de Buckingham. Hormis Matthew Macfadyen dans le rôle d'Athos et Milla Jovovich qui s'en sort avec les honneurs, le reste du casting fait preuve d'un ridicule qui si il ne tue pas, risque néanmoins de compromettre pas mal de carrières. Orlando Bloom n'est pas crédible dans la peau du méchant, la faute à un manque cruel de charisme et à un accoutrement risible, alors que les studios hollywoodiens semblent cantonner Christoph Waltz dans la catégorie du bad guy depuis Inglourious Basterds. Et je ne parle même pas de Logan Lerman, véritable tête à claques qui incarne le héros.

 

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Les dialogues sont d'une bêtise et ne fait qu'engluer les acteurs dans le ridicule tandis que la mise en scène usent et abusent des effets de style gratuits pour donner de l'ampleur, mais ça tombe à plat. Visuellement parlant, le mauvais goût règne avec des couleurs saturées et des images de synthèse grossières qui donnent l'impression de regarder des décors de dessins animés de bas étage. On sauvera quelques duels de fines lames, notamment le climax efficace, et des scènes spectaculaires qui remplissent le contrat. Des nombreuses adaptations des Trois Mousquetaires que le cinéma a connu, cette dernière version est certainement celle qui a coûté le plus cher, mais demeure sans doute la plus aberrante.


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Actuellement dans les Salles

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 15:14

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Si il y a un film que j'emmènerai sur une île déserte, ce serait Chantons Sous la Pluie. La première fois que j'ai vu ce film qui date tout de même de 1952, la magie a opéré immédiatement. Ce film musical sur le passage du cinéma muet au parlant durant les années 1920 réunit tous les ingrédients d'un divertissement de qualité. A commencer par un scénario mêlant glamour hollywoodien, humour et émotions avec brio, des numéros musicaux extraordinaires et surtout, un casting doué et charismatique.

 

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Après le succès d'Un Américain à Paris, Gene Kelly trouve en Don Lockwood un autre rôle à la mesure de son immense talent. Rares sont les acteurs contemporains à pouvoir se targuer de pouvoir à la fois jouer, chanter et danser comme Gene Kelly (Hugh Jackman peut-être!). Le comédien était très strict et se livrait à un entraînement intensif pour parvenir à réaliser les prouesses que l'on peut voir à l'écran de manière aussi fluide. Je reste toujours admiratif devant des numéros comme Make' Em Laugh , chorégraphiés à la perfection et exécutés avec une aisance déconcertante. Il faut également savoir que Gene Kelly était grippé le jour où il a tourné la séquence culte de Singin' in the Rain où il barbote et fait des claquettes sous une pluie battante (qui était en fait un mélange d'eau et de lait, afin d'être plus visible à la caméra).

 

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Dans le monde des comédies musicales, Chantons Sous la Pluie fait figure de classique avec des numéros aussi cultes les uns que les autres. L'entraînant Good Morning, le désopilant Moses où les acteurs se livrent à des exercices de dictions ou encore le spectaculaire Broadway Melody Ballet dans lequel Gene Kelly rivalise de sensualité avec l'exquise Cyd Charisse. En plus de proposer un tel spectacle devant lequel on ne peut humainement pas rester stoïque, le film est également très drôle grâce à des situations comiques de situation, des dialogues divinement écrits et surtout le jeu léger mais juste de la distribution. On retient entres autres le gag récurrent de la voix nasillarde l'actrice principale qui pose forcément problème à l'arrivée du cinéma parlant.

 

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Chantons sous la Pluie est à la fois un divertissement de haute qualité et un témoignage historique de l'époque pour les amateurs de cinéma. Pour ma part, dès que la déprime s'installe ou que la grisaille perdure, j'insère le DVD du film et je sais que je vais passer 2 heures de pur bonheur et d'extase. Des films comme Chantons Sous la Pluie, on n'en fait plus de nos jours!

 

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 00:13

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Depuis le colossal succès de Transformers, les studios de cinéma se sont jeté sur les licences de jouets susceptibles de lancer de lucratives franchises sur grand écran. Inspiré du jeu Rock 'Em Sock 'Em Robots avec lequel des millions d'enfants américains ont pu faire boxer un robot rouge et un bleu sur un ring miniature, Real Steel est la nouvelle production Dreamworks et propose un divertissement étonnamment efficace. Généralement avec ce genre de production, il ne faut pas être trop regardant sur la qualité du scénario, du niveau de l'interprétation et se contenter d'en prendre plein la vue avec les effets spéciaux. Fort heureusement et par une heureuse association de talents, cette production de Steven Spielberg remplit non seulement son contrat mais démontre également qu'un divertissement mainstream ne doit pas forcément être mauvais.

 

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Dans un futur proche, la boxe est devenue si violente que les robots ont remplacé les humains sur le ring. Charlie, ancien champion et père en quête de rédemption auprès du fils qu'il avait abandonné, s'est reconverti dans les combats mécaniques sans grand succès. Mais lorsque son fils vient passer l'été avec lui à la mort de sa mère, ils vont s'associer pour construire et entraîner le meilleur robot de la compétition, Atom, trouvé dans une décharge. Spécialiste du divertissement familial, Shawn Levy (La Nuit au Musée, Treize à la Douzaine) parvient à poser les bases d'un univers de science-fiction avec des éléments réalistes pour le rendre crédible. Si la trame et les thèmes sont éculés (le pardon, David contre Goliath, la rédemption etc...), le traitement peut se targuer d'être original et de sortir des sentiers battus. La relation père-fils a été maintes fois traitée au cinéma, pourtant elle est traité de manière juste et moderne.

 

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La réussite du film doit beaucoup à Hugh Jackman qui parvient à incarner un héros au départ plutôt détestable (il n'a que faire de son propre fils et est prêt à le troquer à la tante contre un chèque) à quelqu'un d'attachant et émouvant (le sportif à la reconquête de la gloire perdue). Les seconds rôles s'en sortent également avec les honneurs, Evangeline Lilly prouve qu'on peut jouer dans un blockbuster dans être une potiche et le jeune Dakota Goyo, au look un peu trop « bieberesque », bénéficie d'une alchimie convaincante avec Hugh Jackman. Je me suis surpris à m'être pris au jeu du film, grâce aux scènes de bravoure brillamment exécutées avec des plans très inspirés, et à même être ému par le final. Loin d'être un divertissement familial basique, Real Steel crée la surprise en proposant un spectacle visuellement à la hauteur de ses ambitions et se paye le luxe d'avoir du fond en plus de la forme.

 

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Sortie en Salles: 19.10.11

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 13:51

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La Terre post-apocalyptique est un terrain de jeu privilégié ces dernières années que ce soit au cinéma (La Route, Children of Men, Zombieland) ou à la télévision (Walking Dead), ce n'est donc pas avec un sentiment de grande originalité qu'on accueille Stake Land, film à petit budget de Jim Mickel qui nous propose un road-trip à travers une Amérique décimée par les vampires. Dans ce monde ravagé par une épidémie qui transforment les humains en suceurs d'hémoglobine, le jeune Martin (joué par l'irritant Connor Paolo, vu dans Gossip Girl) doit sa survie grâce à l'arrivée du charismatique Mister, chasseur de vampires solitaire et peu enclin à la conversation interprété par Nick Damici, qui est également le scénariste du film. Dans leur périple jusqu'au Nouvel Eden (ironiquement le Canada), ils sont rejoints par une nonne et une femme enceinte. Si on navigue en terrain connu, Stake Land parvient à dynamiter les codes du genre grâce à une inventivité à l'épreuve du budget relativement réduit.

 

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La mise en scène est brute de décoffrage et ne s'encombre pas de fioritures, la photographie met en valeur les décors naturels et les paysages crépusculaires tandis que les scènes d'attaques maîtrisent le mélange de gore et d'action avec brio. Le look des vampires est également bien trouvé, s'éloignant du bellâtre à la mode du moment (Twilight, Vampire Diaries) ils ressemblent plus à des zombies dégueulasses aux dents longues. Mélancolique sur les bords, Stake Land propose également quelques piques sur la religion (à travers ces humains dérangés qui se sont tournés vers le fanatisme après la catastrophe) ou les violeurs (voir le sort qui leur est réservé par le héros) sans jamais tomber dans le message lourd. Série B totalement assumée, Stake Land est une petite surprise qui parvient à dépasser les limites d'un budget dérisoire avec une bonne dose de fun et de créativité, qui aurait gagné à moins se reposer sur ses influences pour se targuer d'être une véritable pépite.

 

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Disponible dès aujourd’hui en Blu-ray, DVD et VOD!

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 19:15

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Dans la famille des comédies romantiques débridées et au titre français contenant forcément le mot « sexe » (alors que le titre en version originale n'y fait pas allusion, public français de pervers?) qui ont investies les salles de cinéma cette année (Sexe Entre Amis, Sex Friends), [S]ex List est peut-être la plus réussie. Complexée d'être une traînée par son magazine féminin qui la culpabilise d'avoir couché avec vingt personnes dans sa vie, Delilah décide de partir à la recherche de son futur mari parmi ses ex. Elle est épaulée dans sa quête par son séduisant voisin de palier, tombeur de ces dames et enquêteur sur les bords.

 

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Le principal atout du film réside dans le choix de donner le premier rôle à Anna Faris, comédienne trop rare au cinéma malgré son talent et son charisme. Elle insuffle dans son personnage une fraîcheur bienvenue dans le paysage des comédies U.S, moins lisse, plus naturelle et attachante. Elle est simplement irrésistible de drôlerie, comme dans cette scène où elle passe de l'accent britannique à celui de Borat pour reconquérir un ex anglais, mais également émouvante. Chris Evans, nu ou presque nu pendant plus de la moitié du film (mais qui s'en plaindra?), confirme qu'il n'est pas qu'un physique et que la comédie lui va plutôt bien (il avait déjà prouvé son humour dans Scott Pilgrim vs. The World et Le Journal d'une Baby-Sitter). A noter également un défilé de caméos sympathiques: Zachary Quinto (Star Trek), Andy Samberg (Saturday Night Live) ou Martin Freeman (Love Actually) font une apparition.

 

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Au delà des performances sympathiques des comédiens, le film se suit sans déplaisir mais manque cruellement de mordant. Car comme d'habitude avec ce genre de comédie, [S]ex List se veut faussement provocateur en voulant montrer des paires de fesses et des dialogues un peu crus, mais finit par tomber dans les clichés et une fin heureuse prévisible dès le début. D'autant plus que le scénario, même si il réserve son lot de bonnes idées et de scènes marrantes, tend à tirer en longueurs pour pas grand chose au final: franchement les filles, si vous aviez un mec gaulé comme Chris Evans qui se baladait tout le temps à poil devant votre porte, perdriez-vous vraiment du temps à aller voir ailleurs? Une comédie à réserver aux amateurs du genre peu regardants ou aux fans d'Anna Faris.

 

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Sortie en Salles: 05.10.11

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 00:16

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Succès surprise de la rentrée au box-office américain, La Couleur des Sentiments plonge le spectateur dans l'Amérique de la ségrégation raciale des années 1960, plus précisément dans le quotidien de plusieurs femmes de la ville de Jackson dans l'état du Mississippi: les femmes blanches aisées et leurs domestiques noires élevant leurs enfants sans même avoir droit à utiliser les toilettes de la maison. Le film de Tate Taylor dresse le portrait de plusieurs personnages dans ce contexte d'injustice mais qui était la norme à l'époque, et s'attarde plus particulièrement sur trois femmes dont le courage va faire bouger les choses. Skeeter est une jeune femme blanche qui ne partage pas la mentalité de ses consœurs. Journaliste en herbe, elle va recueillir le témoignage de deux bonnes courageuses pour écrire un roman montrant au monde le point de vue des femmes noires et des injustices qui composent leur quotidien.

 

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Bénéficiant d'une reconstitution fidèle et d'un soin particulier dans les costumes et les décors, le film est visuellement agréable que l'on doit également à un travail convaincant sur la lumière et la photographie. Le réalisateur alterne avec brio les scènes révoltantes (et il y a matière à dire de cette sombre période des Etats-Unis!), les moments émouvants voire bouleversants (la désespoir et l'impuissance face à la bêtise et la cruauté sont des thèmes récurrents), mais qui ne versent pas dans le larmoyant facile. De plus, l'humour est également présent, de manière subtile à travers notamment une grande scène dans laquelle la vengeance est un plat qui se mange à pleine bouche. Si le message du film est clair, on aurait apprécié un peu plus de verve dans la manière de le faire passer, on regrette que le tout reste peut-être un peu trop sage.

 

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La grande force de La Couleur des Sentiments est sans nulle doute la qualité des performances du casting féminin tout à fait parfait, reléguant même les hommes au second plan. Viola Davis et Octavia Spencer incarnent les domestiques Aibileen et Minny, l'âme et le cœur de l'histoire. Elles incarnent deux personnalités différentes réunies par les épreuves qu'elles affrontent chaque jour. A travers le regard plein d'émotion de la première, on ressent des années d'histoires douloureuses, de déchirements et d'amour aussi, tandis que la deuxième parvient à incarner une femme forte, drôle et émouvante avec justesse. Bryce Dallas Howard (La Jeune Fille de l'Eau, Twilight Chapitre 3: Hésitation) est étonnante dans le rôle de la garce raciste et sans cœur qu'elle maîtrise sans tomber dans la caricature. Emma Stone (que l'on voit partout en ce moment) fait une jeune femme motivée à changer le monde convaincante tandis que Jessica Chastain (Mad Men) rayonne dans la peau de Celia, femme au foyer bipolaire mais sympathique.

 

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Au final, même si on aurait aimé un ton un peu plus subversif avec un tel sujet, La Couleur des Sentiments est un film avec des héroïnes attachantes qui sauront vous émouvoir aux larmes (en tout cas moi ça a marché), mais vous faire sourire également. Avec une distribution d'actrices au sommet de leur art et une mise en scène sans folie mais soignée, c'est un vibrant hommage à ces femmes remplies de courage qui ne vous laissera sans doute pas de marbre.

 

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Sortie en Salles: 26.10.11

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 10:00

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Comment expliquer, avec un réalisateur maintes fois nommé aux Oscars derrière la caméra et trois comédiens plus que respectables devant, que Dream House s'avère être l'une des expériences les plus frustrantes et ratées qu'il m'ait été donné de voir cette année? Le cinéaste irlandais Jim Sheridan, qui nous avait livré d'excellents films tels que My Left Foot avec Daniel Day Lewis ou plus récemment Brothers avec Natalie Portman et Jake Gyllenhaal, semble s'être égarer à vouloir jongler entres plusieurs genres, du thriller au drame psychologique en passant par le fantastique, sans jamais trouver une réelle identité. Le scénario maladroit, mal construit et vraiment mal construit n'arrange rien et les dialogues sont d'une banalité affligeante que le talent du casting ne parvient même pas à sauver.

 

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Daniel Craig interprète un éditeur à succès qui décide de démissionner pour se consacrer à sa famille en aménageant dans une maison de rêve, dans la banlieue de New-York. Très vite, la demeure va révéler un tragique passé secret qui va déteindre sur le héros et sa femme, jouée par Rachel Weisz. Cette dernière et le dernier James Bond en date sont de presque tous les plans et s'en sortent avec les honneurs dans leur lourde tâche de rendre crédible leurs personnages et leurs péripéties, tandis que Naomi Watts est inexistante dans le rôle de la voisine d'en face. Si le film se laisse suivre de manière plutôt agréable dans sa première moitié, il bascule dans un festival de n'importe quoi dès que le twist ridicule est avéré, bien trop rapidement et expédié par ailleurs. Le final poussif et cliché confirme le malaise de voir des talents aussi honorables accoucher d'une telle foirade.

 

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Sortie en Salles: 05.10.11

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 01:38

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Impatient est un mot bien léger pour décrire mon envie de découvrir Drive sur grand écran. Depuis sa première à Cannes où les journalistes étaient unanimes, et ses projections dans divers festivals où les spectateurs et confrères n'ont eu de cesse de l'encenser, le film bénéficie déjà d'un excellent bouche à oreille avant sa sortie. Et en sortant de la salle, je peux vous dire qu'il est amplement mérité. Un cascadeur et conducteur doué change de casquette à la nuit tombée: il devient le chauffeur des bandits de Los Angeles à la méthode bien huilée et efficace. Mais un jour, il tombe sur un coup foireux qui menace également sa voisine et son fils pour qui il s'est pris d'affection.

 

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Nicolas Winding Refn est un réalisateur danois qui n'est pas encore très connu mais n'est pourtant pas à son coup d'essai. Sa trilogie Pusher avait déjà fait sensation et son Bronson avec Tom Hardy était un ovni jouissif. Avec Drive, il livre un véritable chef-d'œuvre aux allures de classique instantané, taclant avec brio différents genres. Ambiance résolument eighties pour ce film noir efficace et surtout prenant de bout en bout. Les dix premières minutes du film nous plonge dans la routine nocturne du héros à travers une poursuite filmée de mains de maîtres. Le montage est aussi précis que le héros au volant, les cadrages sont inspirés comme si la caméra trouvait naturellement le meilleur angle pour l'action. La photographie a été confiée à Newton Thomas Sigel qui n'a pas lésiné sur les moyens et offre des plans absolument vertigineux de Los Angeles, des rues et des personnages semblant être éclairés par les lumières orangées de la ville. La ville des anges n'avait pas été aussi belle à l'écran depuis Collateral.

 

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Drive est un film aux multiples influences, résolument film noir dans son récit, il lorgne aussi du côté du western spaghetti pour son héros sans nom mené par la vengeance, et frôle quelque fois le gore avec des fusillades et exécutions visuellement sanglantes. Mais le film sait aussi se poser et le rythme ralentit quand il s'agit de mettre en scène la relation entre le héros peu loquace et sa voisine. Avare en dialogues, le film se rattrape sur les ralentis, les plans rapprochés sur les regards des personnages pour en extirper les émotions. Banal au premier abord, la scène de l'ascenseur est diablement sensuelle grâce au génie de la mise en scène.

 

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Côté casting, Ryan Gosling prouve que les blonds peuvent être aussi ténébreux qu'un grand brun. Il délivre une interprétation subtil, classe et sensuel en diable. Le cure dent à la bouche, les gants en cuir enfilés et sa veste avec un scorpion doré sur le dos, il est le digne héritier de Tyler Durden (Fight Club) et de Steve McQueen. Face à lui, Carey Mulligan fait une frêle et vulnérable voisine à protéger, tandis qu'Albert Brooks (plus connu dans la comédie et ses participations dans les Simpson), est redoutable dans la peau d'un parrain local de la Mafia. Drive est une réussite à tous les niveaux, maîtrisé de bout en bout et porté par une affiche talentueuse, un véritable plaisir coupable dont il est difficile de s'en lasser. Pour ma part, j'y retourne dès sa sortie.

 

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Sortie en Salles: 05.10.11

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